JEAN PIERRE MARCUOLA: LIVRES - SERVICE 01 |
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Littéra... Tour
Passionné de littérature cycliste, Jean Pierre Marcuola fut l'un des premiers membres à soutenir Vélo Lorraine.
Sa rubrique "Livres-Service" ainsi que son ouvrage "L'histoire du Circuit des Mines" (http://velomoselle.free.fr/) figurent depuis de longue date sur notre site.
Il nous dit devoir sa passion à son père, boxeur amateur, qui eut la bonne idée de l'emmener sur un étape du Tour de France 1956.
Il passe en revue son enfance, nous parle des ses idoles, de ses souvenirs et de ses rencontres à travers des touchantes anecdotes.
Son travail pour les maisons d'éditions et les revues "Coups de Pédale" et "Vélo Star" lui procure de grandes satisfactions et ravit archivistes et collectionneurs.
Reportage réalisé le 16 mars 2010 à Serémange en Moselle.
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Depuis le temps que les éditions Calmann-Lévy jouaient avec le feu, il fallait bien qu’un jour elles finissent par se brûler les doigts ! Ainsi le 36e album de L’Année du Cyclisme fermant boutique, comme ses devanciers, au soir des Championnats du Monde ignore-t-il superbement l’automne flamboyant de Philippe Gilbert, auteur d’un braquage à l’italienne sur la Coppa Sabatini puis au Tour du Piémont et d’un double hold-up sans violence à Paris-Tours où triompha l’intelligence et sur le Tour de Lombardie qu’il gagna en costaud ! Quatre victoires en neuf jours qui propulsent le sympathique Liégeois dans le peloton de tête des étoiles du cyclisme ! Jean-Damien Lesay succédant à Gilles Comte était donc bien en peine de redessiner la hiérarchie mondiale fixée par une saison 2009 en définitive fort intéressante. Certes, elle fut encore secouée de quelques soubresauts nauséeux mais les parfums de rédemption qu’elle libéra ici et là incitent à l’optimisme et gonflent un capital "espoir" que l’on disait au plus bas. Tant qu’il y aura des Philippe Gilbert...
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L’ANNÉE DU CYCLISME 2009, par Jean-Damien LESAY, 142 pages 22,5x27,5 illustrées, chez CALMANN-LÉVY, 31 rue de Fleurus, 75006 PARIS. Prix Librairie : 24,90 €.
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Au moins, le Livre d’Or du Cyclisme 2009, chez Solar, peut-il mettre en exergue tous les héros de l’année ! Servis par une maquette rénovée, aux photos toujours aussi chatoyantes, les textes de Jean-François Quénet condensent tout ce qu’il importe de retenir de cette saison cycliste, côté coulisses et côté course, pour en appréhender les tenants et les aboutissants. Au-delà des seuls enjeux sportifs, les "mordus" auront apprécié, pour leur âpreté, ces duels au couteau, rivalités de préséance et autres inimitiés larvées qui constituent, l’Histoire aime à le rappeler, le terreau fertile où naissent les exploits et les défaillances. Ce millésime qu’on finira peut-être par classer grand cru n’en fut d’ailleurs pas avare ! Hélas ! Tandis qu’il magnifiait le blé qui lève, porteur de solides espérances, et poussait inexorablement vers la sortie quelques vieux chênes au tronc ridé confinés désormais dans un rôle de faire-valoir, le cyclisme, rattrapé par ses démons destructeurs, bascula une fois de plus dans la rubrique des faits-divers. La mort sordide de Frank Vandenbroucke, son enfant terrible, ensevelit alors sous une chape de douleur et de désolation les prouesses routières de l’année 2009 et avec elles, sans doute, nos candides élans amoureux… |
LE LIVRE D’OR DU CYCLISME 2009, par Jean-François QUÉNET, préface d’Alberto CONTADOR, 146 pages 24,5x30 illustrées, chez SOLAR, 12, Avenue d’Italie, 75627 PARIS Cedex 13. Prix Librairie : 29 €.
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Pourtant, la vie habite toujours ce grand corps malade. Quiconque en chercherait des signes tangibles les trouverait dans : Cyclisme Amateur 2009, le premier livre-bilan totalement consacré à l’antichambre des Professionnels. Un bonheur ineffable que cette immersion dans un autre cyclisme, celui, débridé, des Juniors et des Espoirs, ou celui, revanchard, des laissés pour compte qu’un manque de résultats au niveau supérieur a condamné à une voie de garage ! Dans ce creuset sans fond se cache forcément le crack de demain et lorsqu’il se sera révélé à la face du monde, les passionnés revisiteront ce fabuleux annuaire pour y lire son acte de naissance que le récit de courses aux parfums grisants, illustré de photos inédites et ponctué des précieux classements à archiver, avait seulement laissé entrevoir. Né du regard de directvelo.com, site de référence des Amateurs en France et en Belgique, magistralement servi par les images des photographes de velofotopro.com, tous engagés dans une même passion, cet album-bilan des Amateurs fait naître une frustration inattendue : ce cyclisme-là avait-il mérité une aussi longue absence ? |
CYCLISME AMATEUR 2009, LA SAISON VUE PAR directvelo.com, préface de Romain SICARD, 162 pages 23x28, nombreuses photos, aux EDITIONS GRIMAL, 55, rue des Vignoles, 75020 PARIS. Web : www.editionsgrimal.com/ Prix Librairie : 24 €.
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C’est dans cette mouvance d’un retour aux sources que s’inscrit Jean-Michel Marchand, auteur fin 2008 d’un prestigieux Gotha cycliste de la Nièvre qui fit un tel tabac qu’il nécessita une réédition immédiate. Fort de ce succès de librairie, ce passionné en prolonge aujourd’hui l’ivresse par le regard enthousiaste qu’il porte sur L’Année du Cyclisme Nivernais 2009, une compilation remarquable de photos, récits, reportages et classements enregistrés dans sa Nièvre natale. Il réaffirme ainsi aux sempiternels sceptiques que le sport cycliste, naguère pestiféré en phase terminale, assure, quoi que l’on fasse, son devenir par le bonheur palpable des jeunes pousses de notre terroir d’écrire chaque dimanche, autour du clocher d’une église, les premières lignes d’une carrière qui les propulsera dans le halo de gloire où les attendent des Champions d’essence divine. |
2009 : L'ANNEE DU CYCLISME NIVERNAIS, par Jean-Michel MARCHAND, 72 pages couleur 21x29,5, papier glacé, édité par l’auteur, 2, rue Simon Marion, 58000 NEVERS. Prix : 10 € + port. Site web : http://velo58.free.fr/E-mail : mcjm.marchand@orange.fr/
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De l’autre côté des Pyrénées, Iñaki Azanza a choisi, avec : 2009 Zikliamatore, le "Tout Images" pour matérialiser ses coups de cœur d’une saison cycliste toujours très favorable aux pelotons ibériques. En 100 pages de photos superbes sur papier glacé, avec ses clins d’œil chargés d’espoir à l’adresse des champions de demain ou ceux emplis de la douce nostalgie que font naître quelques stars du passé – Hinault, Indurain ou Gorospe – notre reporter-photographe déclare ouvertement son amour pour la Reine Bicyclette, laquelle savoure de susciter encore et toujours une passion irrépressible quand bien même viendront l’égratigner des actes irresponsables de basse trahison. La force basque dans toute sa splendeur !... |
2009 ZIKLIAMATORE, par IÑAKI AZANZA, 100 pages 21x36,5, 400 photos couleur, site web : www.zikliamatore.com/ E-mail : eskaerak@zikliamatore.com/ Disponible chez URIZAR EDIZIOAK, Apdo. de correos, 13, 48620 LEMOIZ (Esp.) Prix : 10 € + port.
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Eblouissant, généreux, insolent de force et de confiance, à l’image de ses trois perles rares, le cyclisme luxembourgeois, longtemps à la traîne des grandes nations historiques du vélo, s’est repositionné dans le peloton de tête où Kim Kirchen et les frères Schleck sèment désormais une jolie pagaille. Serge Waldbillig et Lucien Gretsch, tous deux du Luxemburger Wort, ont immortalisé la saison de rêve de ce brelan d’As par un album luxueux : Vélomania 2009, entièrement dédié à la gloire des héritiers des Goldschmit, Clémens et autres "Bim" Diederich. Mais les augures sont formels : c’est une destinée plus glorieuse encore qui attend Andy, le plus jeune et le plus doué des trois. Les photos splendides, le rappel des palmarès, convaincraient les derniers sceptiques. Dans l’Olympe du Tour de France, Faber, Frantz et Charly Gaul ne se posent plus la désespérante question de leur succession. |
VELOMANIA 2009, LUXEMBURGER RADSPORT-ASSE HAUTNAH, textes en luxembourgeois de Lucien GRETSCH, photos de Serge WALDBILLIG, 146 pages 22,5x28,5 papier glacé, couverture rigide, aux Editions SAINT-PAUL, Luxembourg (GD). Prix Librairie : 19,90 €.
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Enfin, nous ne saurions refermer ce long chapitre "Bilans 2009" sans saluer l’initiative de Jean-François Quénet, décidément insatiable, et qui rend aux amoureux de la Grande Boucle leur album du Tour disparu du circuit traditionnel de distribution depuis que l’Américain Floyd Landis en a souillé la Légende. Préfacé par Laurent Jalabert, le livre au format plus modeste que le défunt Album officiel fige par le texte et l’image une édition marquée par l’avènement définitive d’un nouveau Prince ibérique des Grands Tours que l’ambition d’un Boss d’Austin venu reprendre un sceptre sciemment abandonné quatre ans plus tôt contraignit à se protéger d’abord de sa propre famille. L’ouvrage, bien dans l’air du temps, s’accompagne d’un DVD d’une heure, reflet de jeunes coureurs à la classe insolente ! Le Tour respire ! |
LE TOUR 2009, par Jean-François QUÉNET, préface de Laurent JALABERT, 48 pages 21x25 couleur + 1 DVD de 60’, également chez SOLAR. Prix Librairie : 17,90 €.
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Lorsqu’un coureur sollicite un journaliste et lui confie la mission d’écrire sa biographie, il cherche surtout, bien qu’il s’en défende, à flatter son propre ego. Puisant alors dans la panoplie des faiblesses humaines, il succombe à l’inévitable nombrilisme qui altère ses jugements à l’heure du bilan final. On ne saurait inscrire le livre de Cyril Dessel dans cette trajectoire peu valorisante. Bien au contraire, l’ancien Maillot Jaune du Tour 2006 s’est placé dans une optique résolument pédagogique, avec le souci de réhabiliter son sport si souvent exposé aux sarcasmes et d’ouvrir ainsi les yeux des parents et des gamins tentés par l’aventure. Dans : Mes Rêves en jaune au pays des Verts, il témoigne donc de ses diverses expériences, celles d’un gamin de la région de Saint-Etienne qui vécut d’abord la fabuleuse épopée footballistique des Verts et s’essaya au ballon rond comme tous les mômes de son âge au trop-plein d’énergie. Très vite, cet enfant de la balle trouva au cœur de la cellule familiale un autre exemple à imiter. Son père, cyclo convaincu, était venu tardivement à la compétition mais celle-ci rythma bientôt le quotidien du clan Dessel. Avec franchise et simplicité, Cyril raconte alors ses débuts, ses premiers bouquets, son ascension, ses rêves de carrière et ses désillusions. Face au fléau du dopage, sujet récurrent de déstabilisation haineuse, il lui importait de délivrer un message d’optimisme à l’adresse de parents déboussolés par les dérives du sport professionnel. C’est là que l’athlète au profil de gendre idéal, intelligent, lucide, passionné, se mue en avocat courageux et intègre. Ses carnets de route 2009, mis en forme par l’écrivain Philippe Besson, constituent dès lors un plaidoyer qui fait mouche, offrant à Bernard Thévenet qui signe la préface, mais aussi à Gilles Mas, Dominique Garde et Patrick Billet qui animent un débat à rayons rompus d’y ajouter opportunément leur grain… Dessel !
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MES RÊVES EN JAUNE AU PAYS DES VERTS, de Cyril DESSEL, avec la collaboration de Philippe BESSON, 240 pages 14,5x21 + 8 pages couleur hors texte, aux Editions de PHÉNICIE, 4, montée de Zévieux, 42800 SAINT-MARTIN-LA-PLAINE. Site web : www.leseditionsdephenicie.fr/ E-mail : editionsdephenicie@orange.fr/ Prix : 20 €.
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En mars 2008, Jean-Paul Brouchon initiait une nouvelle collection d’Albums Hommages au Sport. Bien vite, il apparut que Bernard Hinault, élu Champion Français du Siècle, était tout désigné pour inaugurer la série. Lorsqu’il s’est agi de lui donner une suite, la Légende imposa le nom de l’un de ses plus beaux fleurons : Raymond Poulidor ! Qui mieux que lui, en effet, pouvait figurer le second idéal ?
Jean-Paul Brouchon ouvre donc l’armoire aux souvenirs et en extirpe correspondances et photos personnelles, pièces de musée, témoignages de proches et articles de presse aux signatures prestigieuses, dans le but évident de dépoussiérer, à l’attention des jeunes générations, une carrière qui n’a pas d’équivalent dans l’Histoire. Véritable phénomène de popularité, Poulidor a vu son patronyme entrer dans le dictionnaire des noms communs. Sa longévité exceptionnelle lui valut de croiser le fer avec trois super cracks : Anquetil au sommet de son art, Merckx et ses appétits cannibales, Hinault à la gloire naissante ! Excusez du peu !
La santé insolente que le Limousin aura promenée pendant plus de trois quarts de siècle pourfend une fausse image, celle de grand malchanceux qu’il a d’ailleurs toujours réfutée. Certes, bien des joyaux manquent à son palmarès par la faute d’un petit grain de sable venu tout enrayer, mais la simple litanie de ses triomphes suffit à balayer l’étiquette d’éternel second qui lui colle au cuissard.
Un demi-siècle après sa naissance, la religion poulidorienne trouve dans cet album des raisons de faire encore des prosélytes, son messie incarnant à jamais des vertus sans lesquelles le cyclisme professionnel perdrait définitivement tout crédit.
Eternel "Poupou" !
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LE POULIDOR, par Raymond POULIDOR et Jean-Paul BROUCHON, préface de Bernard CLAVEL, 146 pages 26,5x29. Nombreuses photos noir et couleur, aux Editions JACOB-DUVERNET, 134, rue du Bac, 75007 PARIS. Site web : www.editionsjd.com/ E-mail : louis.sfg@noos.fr/ Prix Librairie : 24,95 €.
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Les rédacteurs de la revue « Coups de Pédales » ne font jamais les choses à moitié. C’est donc leur rendre justice que de souligner le travail de titans qu’ils sont capables d’abattre sous couvert de leur passion. Avec : « Paris-Roubaix, une Classique unique », Pascal Sergent et Michel Dargenton ont encore placé la barre très, très haut ! Sur 380 pages de ce hors-série n°18 riche de documents photos exceptionnels, ils ont répertorié tous les partants de la Reine des ville-à-ville, précisé leur numéro de dossard, signalé les forfaits et les abandons, recensé les secteurs pavés, détaillé les faits de course… Bref ! Ils ont disséqué la plus belle épreuve d’un jour du calendrier international, une classique véritablement unique qui entend ne rien concéder au modernisme de l’époque et se bat au contraire pour préserver ses archaïsmes tant redoutés. Pascal pour la partie narration et Michel pour les classements complets homologués, réussissent ici une double gageure : ils délivrent un passeport pour l’Enfer quelesamoureuxdecyclismereçoivent comme les clés de leur Paradis et dotent la Reine des Classiques du pavé magistral qui manquait à nos mémoires pour magnifier sa Légende.
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PARIS-ROUBAIX, UNE CLASSIQUE UNIQUE, HS n°18 de la revue COUPS DE PÉDALES, 380 p. illustrées - 35 € (Belg.) – 37 € (Europe).
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Et de 10 ! Après Willy Bocklant (n° 8), puis Emile Daems (n° 9), Claude Degauquier, en tandem avec Willy Ansseuw, accroche le nom d’un doux géant du cyclisme belge, l’Anderlechtois Désiré Keteleer au tableau d’honneur des « Cadors et Lieutenants du vélo », une collection qu’il a initiée au sein de son ASBL « Coups de Pédales ». Bien qu’il eût triomphé en des lieux qui vous classent un coureur - Flèche Wallonne, Romandie, étapes sur le Tour, le Giro, la Boucle Helvétique ou la Course au Soleil notamment – celui qu’affectueusement l’on surnomma le " Dis " n’est pas entré dans la Légende des Cycles en signant l’une de ces victoires qui frappent les imaginations, mais par le sauvetage héroïque, sous un soleil de feu, de son leader, Fred De Bruyne, pantin comateux qu’il ramena à la vie sur la piste mythique du vélodrome de Roubaix, lors du Tour de France 57. Atteignant au sublime, il venait d’illuminer une étape cauchemardesque par le don total de soi, au nom de la haute image qu’il entendait donner de sa fonction d’équipier ! On comprend soudain l’intérêt que manifestèrent Coppi, Van Looy ou De Bruyne à l’endroit de ce coureur qui réinventa le métier de gregario.
Aujourd’hui, le sacrifice du Géant d’Anderlecht reste étonnamment présent dans nos mémoires. Il a conféré tant de noblesse à son statut de servitude qu’il renvoie invariablement ses pairs à la célèbre sentence de Beaumarchais : « Aux vertus qu’on exige d’un domestique, connaissez-vous beaucoup de maîtres qui fussent dignes d’être valets ?»
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DÉSIRÉ KETELEER, UN GREGARIO DE LUXE, 10e fascicule de la série « CADORS ET LIEUTENANTS DU VÉLO », par Willy ANSSEUW et Claude DEGAUQUIER, Editions COUPS DE PÉDALES. 120 p. dont 60 de photos - 15 € (Belg.) – 16 € (Europe).
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En chaque coin de notre belle France, la passion du cyclisme fait naître des vocations de chercheur et d’historien, certaines spontanées, d’autres plus tardives. Mais c’est toujours une bénédiction que de pouvoir s’en remettre à un livre et à son auteur pour renverser le cours du Temps et se caler dans le sillage des pionniers injustement oubliés, eux qui tracèrent le premier sillon de l’Histoire et impulsèrent les conditions nécessaires à la pérennisation du Mythe. Claude Soubielle appartient à ce collectif attaché à la préservation de la mémoire d’une région. Signataire d’un premier ouvrage à la sortie trop confidentielle, « Vélo en Roussillon », cet ancien collaborateur de Jean-Marie Leblanc avait condensé en quelque 250 pages les riches épisodes du cyclisme dans le département des Pyrénées-Orientales. Les Cent Ans du Tour en Pays Catalan sont ici prétextes à une seconde exploration axée, cette fois, sur la Grande Boucle estivale. Avec la montagne pour toile de fond, le Tour fit étape pour la première fois à Perpignan le 17 juillet 1910. Coulée dans le bronze, cette union ardemment désirée entre un peuple féru de sport et la plus grande course cycliste du monde a su résister depuis à la lente et sournoise érosion du Temps. Claude Soubielle en célèbre ici la force par le récit très fouillé de toutes les visites du Tour en terre catalane. C’est prodigieux de précision et d’une valeur inestimable au regard de l’Histoire.
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CENT ANS DE TOUR EN PAYS CATALAN, par Claude SOUBIELLE, aux Editions CAP BEAR. 258 p. 16 €. Disponible, port en sus, chez l’auteur, 36 Avenue des Albères, 66170 MILLAS.
Il reste à cette adresse quelques exemplaires du précédent ouvrage : VÉLO EN ROUSSILLON, paru en 2005 aux PRESSES LITTÉRAIRES. 256 p.- 25 € (+ port).
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Amoureux des belles lettres, réjouissez-vous ! Dans la foulée de cette « Reine bicyclette, » les éditions « Le Pas d’Oiseau » publient : « A Vélo & Ailleurs », un recueil de 25 Nouvelles estampillées « Jean Bobet », l’un des maîtres du genre ! S’y lovent comme autant de pierres précieuses dans leur écrin de nacre : billets d’humeur ou professions de foi, chroniques légères ou faits d’histoire, récits narratifs ou anecdotes vécues, commentaires personnels ou pensées philosophiques… Alternant pédalée courte et séance de train, souplesse de style et précision du trait, Jean Bobet joue de la richesse du verbe comme le champion butant sur une pente joue du braquet. La rudesse du terrain devient alors une alliée. Par sa maîtrise parfaite d’un exercice difficile, notre joaillier des mots offre en partage son évident bonheur d’écrire. Du coup, cette offrande faite à la littérature sportive le désigne, dût-il en rougir, comme l’un des phares d’une espèce en voie de paupérisation : les écrivains de cyclisme.
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Ᾱ VÉLO & AILLEURS, NOUVELLES, par Jean BOBET, préface de Paul FABRE, aux Editions LE PAS D’OISEAU. 120 p.- 12 €.
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LA BICYCLETTE SOUVE… REINE |
Ecrivain prolifique, Jacques Seray cultive sa différence et continue de nous surprendre par l’originalité de ses sujets d’étude. Ainsi sa dernière production, « La Reine Bicyclette », (Le Pas d’Oiseau Editeur)explore-t-elle, par la magie d’une iconographie flamboyante, les différents modes de l’expression artistique témoignant, pour chacun d’eux, de la place glorieuse qu’a su conquérir une machine de métal montée sur pneumatiques dont Pierre Giffard s’était entiché sans retenue. L’homme qui œuvra pour la naissance du Mythe en créant Paris-Brest-Paris ouvrit dans la démesure une voie royale au phénomène de la vélocipédie. Il installait sur un trône symbolique l’objet de ses passions et multiplia à son endroit déclarations d’amour et actes d’allégeance. La Reine Bicyclette était légitimée ! Depuis lors, dessinée, sculptée, filmée, chantée, celle que l’on n’appellera bientôt plus que "Petite Reine" rayonne de son indicible pouvoir de séduction. D’ailleurs, ayant depuis longtemps succombé à ses délicieuses sirènes, Jacques Seray nous gratifie d’un bonus inestimable, une discographie et une filmographie cyclistes qui furent esquissées en d’autres lieux sans pouvoir prétendre à ce degré de quasi exhaustivité… Dans le culte qu’il vouait à ce « bienfait social », Giffard n’est plus seul. Mais l’a-t-il jamais été ?
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LA REINE BICYCLETTE – PLUS D’UN SIÈCLE D’IMAGES, DE FILMS ET DE CHANSONS, par Jacques SERAY, aux Editions LE PAS D’OISEAU. 160 p.- 30 €.
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Certains patronymes de coureurs hantent les feuilles de classements et les pages des palmarès sur plusieurs générations. Non pas que les pelotons eurent à subir, en leurs temps, la férule de quelque phénomène de foire à la longévité exceptionnelle, mais bien parce qu’un père, un oncle, un papy, ayant pris la décision de passer la main, il s’est trouvé un fils ou petit-fils, un frère, un cousin, un neveu pour reprendre le glorieux flambeau. Ainsi des Danguillaume, une dynastie cycliste qui, sur trois générations, engrangea coupes et trophées comme s’il en pleuvait ! Car tel était le destin de ces enfants de la balle qui savaient pédaler avant que de marcher !
Enseignant en gestion, Dominik Trouëssard, passionné de sport et de littérature, raconte la saga de cette illustre famille qui aimait à rendre au cyclisme ce que le cyclisme lui avait apporté ! De Camille, pionnier et martyr, lauréat d’un Liège-Bastogne-Liège avant de connaître une fin tragique sur l’autodrome de Montlhéry, à Vincent, fils de Jean-Louis décrochant un dernier bouquet symbolique le 8 août 1994 à Montoire, 22 coureurs, pas moins, héritiers directs ou par alliance, ont accumulé près de 1800 victoires, toutes portées au crédit d’un blason familial dont s’est emparée la Légende. Par la grâce de cette dynastie probablement unique dans le monde du vélo, Trouëssard explore 60 ans de courses cyclistes. Six décennies au long desquelles, de 1935 à 1995, il se trouva toujours un Danguillaume pour courtiser la Victoire ! Le rappel en annexe de ces titres de gloire réveille alors une douce mélancolie. La dynastie s’est éteinte mais pas la passion ! Du côté de Saint-Pierre-des-Corps, nul ne doute qu’une quatrième génération va bientôt éclore, portée par les glorieux souvenirs de Jean-Pierre, ce guerrier qui remporta la Course de la Paix et affichait au soir d’une carrière exemplaire cinq étapes du Tour à son compteur personnel. Il symbolise l’orgueil d’un nom qui se réclame de toutes les vertus du sport : courage, travail, ténacité, solidarité, humilité ! Au regard de son palmarès, nous le saluerons d’un mot qui vaut tous les discours : Respect !
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LES DANGUILLAUME, UNE GRANDE FAMILLE DU CYCLISME, par Dominik TROUËSSARD, aux Editions Alan SUTTON. 224 pages. Nombreuses photos – 23 €.
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Bien plus tardivement que les disciplines sœurs de la piste ou du cross cyclo-pédestre, le cyclisme sur route ne couronna officiellement son premier Champion de France des Professionnels qu’en 1907. Il appartint à Gustave Garrigou, l’un des géants de l’époque, d’ouvrir un palmarès en bleu-blanc-rouge auquel un siècle d’histoire a conféré, depuis, un lustre exceptionnel. Arsène Maulavé et Marcel Le Roux ont feuilleté pour le compte des éditions Alan Sutton ce livre d’or aux couleurs du drapeau français.
En un peu plus de 100 ans d’existence, la course au titre est devenue le rendez-vous le plus prisé de l’année. Son côté loterie la rendant imprévisible, donc incontrôlable, elle aiguise tous les appétits ! Les cadors piaffent d’impatience à l’idée de croiser le fer dans l’accomplissement de leur destin national, les lieutenants naissent à un surcroît d’ambition qui leur est interdit ailleurs, et les sans-grade rêvent de déclencher un séisme qui leur vaudrait d’exhiber un paletot tricolore durant toute une année ! Un sujet en or massif qu’un carcan commercial condamne, hélas, au service minimum ! Ainsi, rengainant leur passion, deux historiens aussi chevronnés qu’Arsène Maulavé et Marcel Le Roux à qui l’on n’a guère laissé la bride sur le cou, n’ont-ils pu transformer un projet d’ouvrage très attendu en une pépite documentaire à la valeur inestimable. Car le sous-titre : « Les grands moments » ne prête à aucune équivoque. Le lecteur devra bel et bien se satisfaire d’un historique condensé à l’excès, qui n’a retenu que quelques éditions marquées du sceau de l’exploit et du panache, de la défaillance ou de la tragédie, certaines encore très proches et bien présentes dans nos mémoires. Toujours très appréciés, les listes de partants et les classements officiels brillent par leur absence. Par ailleurs, les différentes formules d’attribution du titre auraient méritéqu’on s’y attardât davantage et l’étude des caractéristiques des circuits retenus nous est apparue bien légère. Il y avait tant à découvrir pourtant dans ce tableau d’honneur mêlant avec aplomb aristocrates et manants de la route, lisez : cadors aux palmarès ronflants et roturiers de basse naissance ! Tous, un jour dans l’année, se sont laissé griser par leurs propres chimères, les forces décuplées par la perspective d’enfiler la tunique aux trois couleurs. Pour tous ces coursiers à la fibre cocardière, le Grand Livre du Championnat de France reste à écrire !
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CHAMPIONNAT DE FRANCE SUR ROUTE - LES GRANDS MOMENTS, par Arsène MAULAVÉ et Marcel LE ROUX, collection MÉMOIRE DU CYCLISME, 128 pages illustrées 16,5x23,5, couverture souple, chez Alan SUTTON, 8 rue du Docteur Ramon, 37540 SAINT CYR SUR LOIRE. Prix Librairie : 19,90 €. |
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Nul n’oserait minimiser le rôle capital que joue l’escadron motocycliste de la Garde Républicaine dans la sécurité de tous – spectateurs et acteurs – lors des principales compétitions routières du calendrier français. Depuis 1953, après que les essais précédents furent jugés concluants, cette unité d’élite habituellement affectée à la protection rapprochée du Président de la République a montré son savoir-faire dans la mise en place d’un dispositif d’encadrement garantissant à la Caravane de Juillet régularité et sécurité dans son long cheminement bohème, et ce à tous les échelons de la course.
En fait, dès ses premières éditions, le Tour de France conditionna sa survie à la présence de gendarmes à pied ou à cheval afin de se prémunir de tout débordement populaire. En dépit de quelques "couacs" qui font sourire aujourd’hui, le mariage de raison s’est transformé en mariage d’amour ainsi que le raconte Jean-Paul Ollivier dans : « Les Anges Bleus du Tour de France » aux Editions LBM. Ayant puisé matière dans 35 cartons ( !) d’archives mis à sa disposition par les services historiques de la Gendarmerie Nationale, "Polo-la Science" mêle ici ses connaissances encyclopédiques aux témoignages de ces gardiens de l’ordre, de sorte que la légende d’une course plus que centenaire s’en trouve évidemment réécrite ! Ces "Anges bleus"sur leurs motos rutilantes se fondent désormais dans le paysage traditionnel des épreuves cyclistes. Observateurs attentifs, il leur incombe prioritairement d’ouvrir la route aux bâtisseurs du Mythe. Un honneur ! Un privilège ! Ainsi partagent-ils avec les champions l’exaltation des envolées solitaires ou l’accablement des abandons pathétiques, l’ivresse des triomphes sans partage ou le cauchemar des tragédies sordides ! Ils appartiennent totalement à ce compagnonnage estival dont se délectait Antoine Blondin.
Le Tour devait à ses anges gardiens un hommage appuyé pour services rendus à sa légende. Ce livre au format imposant le leur rend enfin, servi par une iconographie somptueuse où les clichés rigoureusement sélectionnés ravivent chez ses adorateurs des émotions de gosse, le tout sous la signature d’un Jean-Paul Ollivier au sommet de son art. Un chef-d’œuvre !
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LES ANGES BLEUS DU TOUR DE FRANCE - LA GENDARMERIE DANS LA GRANDE BOUCLE, par Jean-Paul OLLIVIER, préface de Bernard HINAULT, 208 pages 26x35, luxueusement illustrées, couverture souple, aux Editions LBM, 15 Rue du Colisée, 75008 PARIS. Tél : 01 48 01 01 01. Fax : 01 42 47 13 61. E-mail : pab@little-big-man.com / Prix public : 28, 70 €. |
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A L’AUBE DU JOURNALISME SPORTIF |
Les historiens s’accordent pour attribuer à Pierre Giffard et Henri Desgrange la force visionnaire qui donna à la presse sportive en France l’impulsion nécessaire à sa pérennisation. Or, ces deux titans n’avaient fait que suivre la voie montrée par Richard Lesclide, un Bordelais né en 1825 et nouvellement conquis par un phénomène de mode auquel on ne prêtait aucun avenir : la vélocipédie. Rédacteur au Petit Journal, notrehomme lança avec Le Vélocipède Illustré la première revue sportive française digne de ce nom.
En historien zélé, Jacques Serayqui consacra à Giffard et Desgrange une étude biographique remarquable (voir CDP n° 127 et 115) s’est ému de l’arbitraire qui régit nos mémoires et répare l’affront fait à ce pionnier de la littérature cycliste par un ouvrage très fouillé qui rend à Richard ce qui appartenait à Lesclide. Remontant le Temps comme il sait si bien le faire, Jacques Seray suit à la trace cet amoureux des livres, évoque ses rencontres, ses amitiés et s’attarde sur les riches années qui lui firent côtoyer l’immense Victor Hugo à qui il ferma les yeux. Quant à l’objet de nos passions, le récit descriptif des premiers numéros du Vélocipède Illustré apparaît comme un modèle du genre, qui analyse les raisons de l’engouement croissant du peuple pour cette drôle de machine. Les premières compétitions fleurissaient sur nos routes. Une religion était en marche.
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RICHARD LESCLIDE, Du Vélocipède Illustré à la table de Victor HUGO, 252 pages 16x24, co-édité par Jacques SERAY et Michel LESCLIDE. Prix : 20 € + 3 € de port, uniquement chez Jacques SERAY, 8 Allée de Normandie, 78140 VELIZY. Tél : 01 34 65 00 39. E-mail : jacques.seray@cegetel.net |
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Le monde du sport professionnel est d’une ingratitude rare. On y brûle allègrement celui qui, la veille encore, défendait avec loyauté l’honneur d’un blason qu’il croyait sien. A cet égard, l’exemple de Gaston Plaud, cruel et symptomatique, est un véritable cas d’école. Serge Brard – le papa de Florent ! - et Jean-Claude Fillaud, auteur d’un essai dédié à l’époustouflant Marcel Rohrbach,entémoignent, qui revisitent la longue carrière du Tourangeau d’adoption, mettant en exergue dans une biographie dictée par l’amitié une existence essentiellement rythmée par les compétitions cyclistes. Plaudserévéla ainsi routier de bonne valeur et pistard émérite, vite au sprint et bigrement adroit. Lorsqu’il acheva le premier chapitre de sa vie, il devint un organisateur très actif, avant de recevoir de Bertrand Peugeot une offre mirifique, de celles qui ne se refusent pas : diriger une équipe cycliste professionnelle ! Il assuma avec un réel bonheur cette mission de meneur d’hommes et s’il fallait totaliser, de Rik Van Steenbergen, même vieillissant, au jeune prodige Eddy Merckx venu prendre sous ses ordres son envol de dieu vivant, les bouquets glanés sur les classiques ou les maillots conquis sur les courses à étapes, les chiffres obtenus donneraient vite le tournis. Pourtant…
Bien que son nom parût indissociable de l’aventure Peugeot, Gaston Plaud fut congédié le 18 septembre 1974, après 16 années de bons et loyaux services, sans que le microcosme qui s’en était ému ne comprenne les raisons de sa soudaine disgrâce.
Serge Brard et Jean-Claude Fillaud reviennent dans ce livre sur le bilan professionnel de cet homme entré en cyclisme comme on entre en religion. Gaston Plaud dont la mémoire reste étonnamment vive évoque alors ses coups de cœur, rassemblant dans un même éloge tous ces garçons qui lui confièrent leurs espoirs de carrière et leurs rêves de gloire. Tous n’ont pas répondu à son attente, mais tous se rejoignent pour louer son autorité souriante, sa droiture, son honnêteté foncière. Et s’il fut un compagnon de route très apprécié, sans doute le devait-il à son élégance morale et son sens de la communication. Un gentleman que le cyclisme se devait d’honorer !
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GASTON PLAUD, UN GENTLEMAN DU CYCLISME, par Serge BRARD et Jean-Claude FILLAUD, préface de Jacques AUGENDRE, 240 pages 16x24, nombreuses photos inédites, édité par L’ASSOCIATION DES AMIS DE MÉRIGNY ET SES ENVIRONS, en Mairie, 36220 MÉRIGNY où l’on peut passer commande. 20 € + 4 € de port. |
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Voici deux livres sans classements, ni palmarès, sans chiffres, ni statistiques, mais deux livres remarquables d’esthétique, deux livres d’ambiance qui prennent le pouls d’une discipline sportive que les Bretons élèvent au rang d’une religion. Ecrit par Gurvan Musset, illustré par les clichés de Bernard Charmentray, sur des commentaires de l’illustrissime Bernard Hinault, le premier de ces deux ouvrages, « La Bretagne du vélo », nous transporte au cœur d’un paradis où la "Petite Reine" a établi son royaume. Du nord au sud, d’est en ouest, cette souveraine aux lignes si pures, à l’élégance racée, ne suscite qu’enthousiasme et passion. Acteurs ou spectateurs, dirigeants ou bénévoles, speakers, juges aux arrivées ou simples signaleurs, tous s’abîment en dévotions idolâtres, conscients que ce trésor issu de leur terroir constitue la marque identitaire d’un peuple qui n’entend rien céder de ce glorieux patrimoine.
Dès lors, on ne peut s’étonner qu’ici plus qu’ailleurs naissent et mûrissent des talents qui s’en iront annexer les plus belles courses du calendrier. Ils rejoindront alors « Le Peloton des échappés », titre du second ouvrage dans lequel Daniel Kerh et Bernard Charmentray ont rassemblé 33 portraits de serviteurs du cyclisme, anciennes gloires ou champions en devenir, journalistes ou dirigeants de clubs, tous maillons d’une chaîne humaine qui doit beaucoup au vélo. Le sport cycliste leur doit tout autant !
LA BRETAGNE DU VELO, textes de Gurvan MUSSET, avec la complicité de Bernard HINAULT, photos de Bernard CHARMENTRAY, 160 pages illustrées 22x28.- 25 €.
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LE PELOTON DES ÉCHAPPÉS, textes de Daniel KERH, photos de Bernard CHARMENTRAY, 166 pages illustrées 23x23 - 25 €.
Ces deux ouvrages aux Editions COOP BREIZH, Kerangwenn, 29540 SPEZET. Tél : 02 98 93 83 14. Fax : 02 98 83 87 97. Web : www.coop-breizh.fr/
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Lorsqu’en 1911, Desgrange lança ses « rudes semeurs d’énergie » à l’assaut des géants alpestres, son audace le fit passer pour un fou. Le Patron n’en eut cure ! Le théâtre grandiose qu’en visionnaire, il offrait à son "enfant", c’était un passeport pour l’Eternité.
Désormais, un rituel immuable scelle chaque été ce mariage forcé, aux frontières du sadisme et du voyeurisme. Sur ce terrain miné, les "pygmées" de Desgrange, dressés sur leurs pédales, s’affranchissent de la pesanteur et progressent par bonds de cabris vers les sommets mégalithiques où les précèdent, montant des vallées, les clameurs d’une foule en délire. L’écho qui leur fait cortège déchire sans vergogne le silence oppressant de ces lieux de solitude lorsqu’entrent en scène les solistes virtuoses donnant leur récital cristallin. Leur symphonie, fût-elle inachevée, éclipse alors la cacophonie ambiante.
Le Tour dans les Alpes, c’est la Légende sans cesse ressourcée. Pour immortaliser ces moments d’intense émotion, le quotidien régional Le Dauphiné Libéré édite un hors-série de haute facture doublé d’un DVD de 24’. Par le texte et l’image, l’album ressuscite une race aujourd’hui disparue, celle des grimpeurs émérites qui se jouaient de la pente, tombeau des espérances du commun des coureurs.
Plus sobre, Alpeo, 1er magazine omnisports des Alpes, salue également le passage du Tour dans sa zone de diffusion. Son n°6 de Juillet 2009 consacre 45 pages – sur 98 – Au Tour des Alpes, mêlant reportages d’actualité et études rétros, interviewant le présent (Prudhomme), le passé (Thévenet), l’avenir (Coppel), affichant ses certitudes et son optimisme dans cet avant-Tour à l’illustration très soignée.
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LES ALPES ET LE TOUR, numéro hors-série du DAUPHINÉ LIBÉRÉ, préface de Bernard THÉVENET, 172 pages 28x38, 400 photos + DVD (24’ + 30’ de bonus), édité par LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ, 38913 VEUREY Cedex. Tél : 04 76 88 71 00. E-mail : editionsdl@ledauphine.com/ Prix Librairie : 14,90 €.
ALPEO n°6 (Eté 2009), p1ages 10 à 55 : AU TOUR DES ALPES, chez ALPEO EDITIONS, 563 route des Fins, 74930 PERS-JUSSY. Tél : 04 50 94 39 52. E-mail : info@alpeo.org/ Prix en kiosque : 4,50 €. (7 FS)
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Dieu ! Qu’on l’aime, ce cyclisme de terroir que Michel Cluzel a l’excellente idée d’évoquer dans : L’âge d’or du Cyclisme en Berry, aux éditions de La Bouinotte.
Nostalgique des années 40 à 70, l’auteur fait resurgir quelques fantômes qui furent l’orgueil de sa région : Bourlon, Dussault, Meunier, les baroudeurs ; Graczyk, Dejouhannet, les sprinters ; Rohrbach, le grimpeur de poche, Walkowiak, un seigneur parmi les humbles…
Conteur talentueux, Michel Cluzel s’attarde en outre sur quelques belles épreuves du cru – Prix des Grattons, Sazeray, Saint-Amand… - réveillant le souvenir d’échappées victorieuses ou brisées dans l’œuf, de sprints échevelés ou d’envolées solitaires… A ce propos, on déplorera ici l’absence de classements archivés et de palmarès !
Il n’empêche ! Venant après : Les cadors du cyclisme berrichon, de Boris Paul, chez le même éditeur, Michel Cluzel révèle la richesse insoupçonnée de cette région de France, terre de champions !
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L’AGE D’OR DU CYCLISME EN BERRY, par Michel CLUZEL, 176 pages 16,5x23, couverture souple, chez LA BOUINOTTE Editions, 2/3 Place de Champagne, 36000 CHATEAUROUX. Tél : 02 54 60 08 06. Fax : 02 54 07 35 82. Web : www.la-bouinottecom/ E-mail : la-bouinotte@wanadoo.fr/ Prix Librairie : 19 €. |
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En Allemagne un peu plus que partout ailleurs, le cyclisme paye d’un prix exorbitant les errements coupables de toute une génération ayant confié ses plans de carrière à la chimie, ses leurres et ses artifices. Nos cœurs saignent aujourd’hui du traitement qu’on lui inflige quand les perversions humaines gangrènent toutes les disciplines du sport professionnel. Sur les dérives qui leur sont propres, les dirigeants frileux ferment hypocritement les yeux. En orateur né, Daniel Mangeas a cette jolie formule qui n’a pas encore, hélas, franchi le Rhin : « Le cyclisme est une autoroute où l’on a placé des radars tous les cinq kilomètres. Les autres sports sont des autoroutes sans radars ! Forcément, on attrape plus de contrevenants là où on a installé des radars ! »
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Il reste heureusement les livres pour entretenir la flamme, à défaut d’enrayer l’hécatombe de ces courses prestigieuses qui disparaissent une à une du paysage cycliste allemand. Covadonga à Bielefeld publie un luxueux album à la gloire de la " Petite Reine " : « Die Räder der Sieger » ( Les Vélos des Vainqueurs), véritable conservatoire du cycle où les superbes photos de Jean- Pierre Pradères commentées (en allemand) par Jan Heine montrent l’évolution de la bicyclette et exposent quelques pièces de musée dont les constructeurs ont légué leur nom à la postérité au fil des triomphes des champions chargés d’en promouvoir la supériorité. ( www.covadonga.de/ 178 p. illustrées 24x31 – 39,80 €).
Chez Bruckmann à Münich, Kristian Bauer, jeune journaliste bavarois né en 1971, avoue sa passion pour le Tour dans : « Tour de France, Die härtesten Anstiege » ( Les plus rudes ascensions). A l’adresse des mordus qui, comme lui, honorent leurs idoles par un pèlerinage à vélo sur leurs chemins de souffrance, il a répertorié et décrypté 40 cols, leur altimétrie, leur pente moyenne, leur degré de difficulté… Il en rappelle également les offrandes faites à la Légende par le récit d’anecdotes qui doublent ce guide du pratiquant d’un petit livre d’histoires que les germanophones recevront comme une bouffée d’oxygène en attendant la levée de la pénitence. ( www.bruckmann.de/ 224 p. 16,5x24 illustrées - 19,95 €).
Enfin, les Editions Delius Klasing, bien connues de nos lecteurs, publient : « Momente der Tour » qui n’est en fait que la version allemande du livre « Au bonheur du Tour » de Philippe Delerm, lequel donnait libre cours à ses états d’âme, s’enivrant, sur des photos superbes du quotidien L’Equipe, des parfums extatiques que la Grande Boucle distille depuis plus d’un siècle à qui sait l’aimer. ( www.delius-klasing.de/ 178 p. 24x29,5 richement illustrées – 29,90 €). |
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On doit à Jacques Seray : « 1904, ce Tour de France qui faillit être le dernier », une chronique détaillée de l’An II de la Grande Boucle. Mais il manquait à nos bibliothèques le récit complet, fouillé, circonstancié, du tout premier épisode de ce qui est devenu l’incontournable feuilleton de l’été. La tâche paraissait-elle rebutante à beaucoup ? Sans doute ! Mais elle n’effraya pas Jean-Paul Vespini, journaliste provençal, qui s’immergea dans un océan d’archives, exhuma des titres de presse disparus et reconstitua le puzzle d’une aventure peu banale, née dans une indifférence polie avant qu’une soixantaine de pionniers de l’impossible ne déclenchent les passions et n’accordent à son génial créateur un blanc-seing enthousiaste pour le siècle à venir. Le cyclisme sur route affichait au grand jour son esprit de conquête, ses vertus d’héroïsme et installait ses officiants sur des sommets vertigineux de popularité.
Avec une précision de chirurgien, Jean-Paul Vespini restitue les conditions historiques, économiques et… sportives qui présidèrent à la création de la « plus grande course cycliste du Monde ». Le récit qu’il en fait, véritable sésame pour l’Histoire, est un modèle du genre ! Entré dans le labyrinthe du Temps, le lecteur se projette en juillet 1903 tout en conservant ses repères et ses facultés d’analyse forgées par la connaissance et ses propres expériences. Aussi vibre-t-il, heure par heure, aux défis insensés que Desgrange lançait à « ces rudes semeurs d’énergie que sont les routiers professionnels ».
On le sait : les faits historiques ne résistent pas aux embellissements exigés par le Mythe. Ici éclate au grand jour le génie de Vespini. Il était journaliste ; il se fait historien ! Le premier explorait le passé, offrant à ses lecteurs les clés d’un monde révolu. Le second en restaure la brillance : l’usure est élimée, l’erreur corrigée, l’approximation ajustée, l’idée reçue torpillée !
En un mot comme en cent, Jean-Paul Vespini rend à l’Histoire l’indispensable rigueur qui sied à sa fonction première : léguer aux générations montantes les éléments qui garantissent la sauvegarde de la Vérité, celle-ci restant sous la menace de la Légende qui prend toujours un malin plaisir à la déformer.
On n’avait qu’une vague idée de l’âpreté des premières joutes vélocipédiques. L’auteur en recrée l’atmosphère, situe les enjeux, éclaire les zones d’ombre laissées par l’Histoire, quand tous les coups semblaient permis. En marge de la compétition, les conflits d’intérêt s’étaient étendus jusqu’aux organes de presse, attisant la polémique, condamnant les tricheries ou s’abaissant à la délation ! Dès lors, Maurice Garin pouvait bien pavoiser, l’aventure impulsée par Desgrange avait du plomb dans l’aile ! Elle essuiera encore d’autres tempêtes, certaines mémorables, mais on mesurera son indémodable force d’attraction dans le richissime passé de sa turbulente existence. Pour avoir troqué leurs misérables faiblesses humaines contre le courage, le dépassement de soi, la souffrance librement acceptée, les pionniers de l’An I lui ont creusé des fondations si solides que le Tour incarne aujourd’hui un rêve inaccessible à l’homme : l’immortalité !
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LE PREMIER TOUR DE FRANCE, Tout a commencé en 1903, par Jean-Paul VESPINI,
252 pages 15,5x24 (+ 8 p d’illustrations hors-texte), aux Editions JACOB-DUVERNET, 134 rue du Bac, 75007 PARIS. E-mail : sfg@noos.fr/ Prix public : 19,90 €.
NB : Signalons chez le même éditeur la parution d’un cahier de vacances ( !) axé sur la Grande Boucle. A l’âge des culottes courtes, lorsqu’il nous fallait concilier notre passion naissante et les corvées scolaires, nous avons tous rêvé de jeux ou tests ludiques déclinés sur le thème du Tour de France ! Jean-Paul Brouchon l’a fait ! Cette initiation fait pénétrer le novice au cœur des pelotons où il percevra le génie patrimonial de champions dont les noms et palmarès défient le temps et s’affranchissent des barrières artificielles des générations ! 48 pages 21x28,5 illustrées dont 5 pour les corrigés. Prix public : 7,95 €. |
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LA MONTAGNE DE TOUTES LES FOLIES |
Dès que fut officiellement divulgué le tracé de sa 96e édition, chacun savait qu’ « il » serait la star du Tour de France 2009 ! Car le Mont Ventoux, « cette incongruité posée comme une verrue sur le sol de Provence », cristallise sur son nom toutes les peurs ancestrales qui hantent la mémoire des hommes. Sur ses flancs décharnés brûlés par Phébus, harcelés par Eole,courent les légendes les plus folles. « Folles » ! Le mot est lâché !
Oui, le Mont Chauve rend fou et la rédaction du quotidien L’Equipe en atteste par un ouvrage magistral, au titre évocateur : Le Ventoux, sommet de la folie ! Tout un programme ! Patrick Fillion y a rassemblé les épisodes héroïques, dramatiques ou tragiques qui ont nourri sa légende. Un florilège éloquent inspiré par quelques signatures illustres dont les témoignages corroborent la réputation terrifiante de la Montagne Pelée ! Le Tour s’y aventurant expose ses officiants à un authentique chemin de croix, lequel, hélas, conduisit un jour à l’irréparable. Les photos, sublimes, n’assouvissent pas un voyeurisme malsain. Elles magnifient au contraire l’affrontement des hommes et des esprits maléfiques, donnant à l’épopée les stigmates de la déraison.
« N’est pas fou qui monte au Ventoux. Est fou celui qui y retourne ! »
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TOUR DE FRANCE, LE VENTOUX, SOMMET DE LA FOLIE, réalisé par Patrick FILLION et Jacques HENNAUX, 112 pages 24x27, nombreuses photos, papier glacé, aux Editions L’EQUIPE. Prix public : 22,90 €.
NB : Le journal LA PROVENCE, 248, Avenue Roger-Salengro, 13015 MARSEILLE, a repris à son compte cet acte d’adoration pour le Mont Chauve, proposant un hors-série de haute tenue : La Légende du Mont-Ventoux ; 74 pages 30,5x22 abondamment illustrées. Les textes sont de Jean-Paul VESPINI, gages de rigueur et de qualité. Prix en kiosque : 2,50 €.
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Rien n’excite les foules comme ces duels au couteau entre deux champions de caractère, à l’orgueil pareillement chatouilleux, pour qui chaque victoire de « l’autre » est un camouflet qu’il faut laver dans l’instant ! Depuis toujours, le sport cycliste en a fait ses choux gras, bâtissant sa légende sur les ressorts de haine qui décuplent vos forces vives. Nul n’ignore ce que Coppi doit à Bartali – et inversement ! – dans la volonté affichée de livrer à la postérité l’une ou l’autre de ses envolées solitaires frappées du sceau de la folie sublime. Chez nous, Poulidor fut pour Jacques Anquetil l’aiguillon nécessaire à violenter sa nature et le contraindre à sortir le grand jeu ! Et qui peut oublier que le fier Ocaña aimait tant se mettre minable pour jouir du spectacle d’un Merckx à genoux ?
Tana Editions a confié à trois journalistes, Bernard Morlino, Jean-Paul Ollivier, Zlatko Susic, le soin de faire revivre dans : « Les plus grands Duels du Cyclisme », quelques rivalités célèbres et d’en décrypter la genèse afin de les situer sur l’échiquier de l ’Histoire. Pour âpres qu’elles furent, ces luttes de prestige ont à ce point soudé les protagonistes que la mémoire collective ne les dissocie plus désormais et transforme en siamois à l’estime réciproque les rivaux implacables qui s’entredéchiraient hier ! Du coup, les destins croisés de ces derniers révèlent aux yeux de l’ Histoire l’indiscutable complémentarité de leurs carrières.
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LES PLUS GRANDS DUELS DU CYCLISME, collectif, 98 pages 20x23, nombreuses photos, couverture rigide, chez TANA EDITIONS, www.tana.fr/ Prix public : 15 €.
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Jacques Augendre, l’un des derniers monstres sacrés du journalisme sportif, honore le Tour de France par une sélection des 25 étapes qui, selon lui, ont contribué à sacraliser sa légende. L’occasion était belle pour cet éternel jeune homme de se retourner sur une passion qui guida toute son existence et lui procura tant de joies ineffables. Rallier le lecteur à ses coups de cœur participait alors de sa générosité naturelle ! On objectera que, par essence, tout choix dicté par l’émotion appartient au subjectif et prête le flanc à la critique. Mais la magie du Tour opère, qui génère une adhésion spontanée à l’un des derniers refuges du romantisme. La partie était donc gagnée d’avance, le talent de Jacques Augendre faisant l’unanimité. En 25 étapes de légende, l’auteur a voulu dessiner le Tour idéal, conservant à jamais des exploits, des drames, des lieux, des dates comme autant de piliers du Mythe. En relire la genèse est un bonheur sans prix !
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LE TOUR – 25 ÉTAPES DE LÉGENDE, par Jacques AUGENDRE, préfaces de Line RENAUD et Raymond POULIDOR, 176 pages 26x31 luxueusement illustrées, couverture cartonnée sous jaquette amovible, aux Editions SOLAR, 12, Avenue d’Italie, 75013 PARIS.Prix Librairie : 29,90€. |
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La Légende du Tour offrent un écrin original : un livre en forme de roue lenticulaire et des pages circulaires qui plongent le lecteur au cœur de L’Aventure Tour de France ! Un bel objet de collection signé par trois journalistes australiens ( !) qui décortiquent l’épreuve-reine du calendrier mondial, son histoire, ses héros, ses drames, son folklore… Hélas ! Quelques bévues monumentales émaillent cet album, et ce, dès la préface de Jean-Paul Ollivier qui oublie que le journal L’Auto n’existait plus en 1954 ! Plus loin, une photo mal légendée confond allègrement les deux Oscar, Freire et Pereiro. Reste une œuvre esthétiquement remarquable, à l’iconographie superbe, que l’on rangera à part dans sa bibliothèque. Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse !
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L’AVENTURE TOUR DE FRANCE, textes de Naomi MARSH, Howard SALKOW et Peter MURRAY, adaptation française Francine SIRVEN, préface de Jean-Paul OLLIVIER, 164 pages illustrées, aux Editions GRÜND, 60, Rue Mazarine, 75006 PARIS. Prix Librairie : 29,95 €.
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Un monument que ce livre luxueux qui retrace par le texte et l’image plus de trois quarts de siècle de l’ Histoire du Grand Prix de Plouay ! Ce chef-d’œuvre unanimement salué donnera des complexes à tous ceux qui se lanceront dans l’historique d’une épreuve cycliste et souffriront désormais de la comparaison . sous la direction des frères Chemillé, l’album réunit tous les ingrédients du succès : les faits de course, les anecdotes, les partants avec leur numéro de dossards, les classements complets, des documents photographiques rares, les portraits de vainqueurs… Un travail d’orfèvre, point d’orgue à l’organisation de l’une de ces belles classiques du grand Ouest qui témoignent de l’inaltérable passion de tout un peuple pour les Chevaliers de la Petite Reine…
Déjà, les regards se tournent vers Plumelec ou Châteaulin, dans l’espoir de voir leurs courses dotées bientôt d’un semblable ouvrage de référence. David et Damien Chemillé feront-ils des émules ?
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L’HISTOIRE DU GRAND PRIX DE PLOUAY 1931-2008, par David et Damien CHEMILLÉ préface de Cyrille GUIMARD, 406 pages 21,5x30 richement illustrées, couverture renforcée, papier glacé, édité par MONDIAL BOOK. A commander chez les auteurs. Tél : 0688239083. E-mail : mondialbook@aol.com / Prix affiché : 32 € (hors frais d’envoi). Disponible à la rédaction.
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Faute d’antennes de l’autre côté des Alpes, les informations nous ont manqué pour coller au plus près à l’actualité du livre en Italie. D’où le sentiment, en France, que les célébrations du Centenaire du Giro d’Italia furent étonnamment calmes, sans commune mesure avec l’orgie livresque qui salua le siècle d’existence du Tour de France. Au moins sommes-nous en mesure de présenter ici le livre officiel du Centenaire : « Un secolo di passioni » - traduction superflue -, préfacé par Candido Cannavò. Sur des documents exceptionnels tirés de la photothèque de La Gazzetta dello Sport, une équipe rédactionnelle du célèbre quotidien rose évoque, sous la direction de Pier Bergonzi et Elio Trifari, une aventure humaine partie de Milan à 2h 53, le 13 mai 1909. Le Tour de France créé par Desgrange faisait des émules. 100 ans plus tard, le Giro déchaîne les passions comme au premier jour, ayant élevé, en 91 éditions disputées, 57 vainqueurs différents (avant le succès de Menchov) au rang de dieux vivants. Si les classements arrêtés aux 10 premiers laissent un peu sur sa faim, l’iconographie flamboyante illumine l’ouvrage, le cyclisme confirmant qu’il est un centenaire étonnamment photogénique.
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UN SECOLO DI PASSIONI – GIRO D’ITALIA 1909-2009, il libro ufficiale del centenario, collectif sous la direction de Pier BERGONZI et Elio TRIFARI, 256 pages 22x32 luxueusement illustrées, couverture souple, édité par RIZZOLI. www.rizzoli.eu / Prix affiché : 14,99 € (+ prix du quotidien car vendu exclusivement avec LA GAZZETTA DELLO SPORT).
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Les amateurs de belles affiches rétro trouveront leur bonheur chez DELIUS KLASING VERLAG GmbH-Postfach 101671 – 33516 BIELEFELD (Allemagne). Cette maison d’édition diffuse en effet : HISTORISCHE FAHRRADPLAKATE 2010, un calendrier mural géant (47x67,5), effeuillant les douze mois de l’année à venir sur le thème de la publicité dans l’industrie du cycle, au siècle dernier. Prix : 29,90 € (D) – 30,80 € (Eur) – 58,50 FS (CH).
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Un célèbre magazine d’actualité générale a bâti sa réputation sur ce slogan fameux : « Le poids des mots, le choc des photos ! » CorVos, lui, prend ce slogan à contre-pied ! Pour ce photographe de cyclisme, les mots ne pèsent d’aucun poids quand les images seules vous assènent tant d’émotions fortes ! De là sans doute est née l’idée géniale de condenser en un luxueux album-photos le remarquable parcours de ce dévoreur de kilomètres dont le pouls, depuis quatre décennies, ne bat qu’au rythme démentiel des acteurs du Grand Cirque Itinérant. Témoin privilégié de folles échappées, de sprints échevelés, de chutes parfois dramatiques, Cor Vos, coureur à la carrière avortée, aura vécu ses rêves par procuration. Mieux : il les a fixés sur pellicule, immortalisant par une montagne de documents photographiques quarante années de compétitions cyclistes. A cette source quasi intarissable – 200 000 clichés ! – Joop Holthausen et Jacob Bergsma, chargés de mission par les éditions de Buitenspelers, aux Pays-Bas, ont puisé plusieurs centaines d’instantanés, promenant sur les pelotons les yeux énamourés des gardiens de la passion. Par une moisson inégalable de pépites en images, ils impriment sur papier glacé la palette des états de l’âme qui sont le sel de la vie : les joies, les peines, les souffrances, le courage, le renoncement, l’orgueil, l’humilité, la rage, la révolte, la générosité, le panache… Ainsi, des vertus du champion aux faiblesses de l’homme, les photos de Cor Vos figent-elles l’exaltante beauté d’une aventure humaine qui subjugue depuis plus d’un siècle.
Esthétiquement irréprochable, cet album expose en outre, dans cet écrin d’émotions partagées, quelques-unes des astuces de métier du photographe néerlandais, la description de son matériel, de sa technique (en trois langues, svp !), et derrière ce prosélytisme de bon aloi perce l’hommage de toute une corporation à celui qui sut en fédérer les talents les plus éminents. Aujourd’hui, Roberto Bettini, Graham Watson, Hans- Alfred Roth, Lars Rønbøg, ou les collaborateurs de l’agence Photonews, ont intégré une sorte de pool photographique dont Cor Vos avait compris et induit la nécessité. Rejoints par Marketa Navratilova ou Wessel van Keuk, tous servent magistralement un cyclisme décrié qui traverse les turbulences que l’on sait sans rien perdre de son pouvoir de fascination. Plus photogénique, tu meurs !
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EMOTIONS PHOTOGRAPHY by COR VOS, album photos commentées (néerlandais , anglais , français) par Joop HOLTHAUSEN et Jacob BERGSMA, 450 pages 24x33, présentation luxueuse dans un coffret rigide, chez AssisT/de BUITENSPELERS, Oranjeplein 4, 4455 AA NIEUWDORP (PB). Web : www.debuitenspelers.nl / E-mail : assist@debuitenspelers.nl / Prix : 90 € (+ 3 € de port). |
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C’est un joli tour de force qu’a réussi Jean-Michel Marchand, l’un de ces doux dingues de vélo qui, à force de collationner classements et palmarès, se sont constitué des montagnes d’archives et n’attendent qu’une opportunité pour les ouvrir au plus grand nombre. L’auteur, journaliste de radio et de presse écrite, a rassemblé dans « Figures du Cyclisme Nivernais 1900-2008 » plus de 250 portraits de coureurs qui ont écrit un siècle d’histoire vélocipédique sur les routes de la Nièvre, un département auquel il témoigne un profond attachement. Ce travail de fourmi, de ceux dont raffolent les lecteurs de « Coups de Pédales », a rogné sept ans de sa vie mais, au final, le défi un peu fou qu’il s’était lancé débouche sur un pavé fabuleux : 290 pages, 800 photos, des palmarès, des anecdotes, des rencontres, des coups de cœur émouvants… Il ne manque ni la rigueur objective des chiffres, ni le romantisme affectif des stars régionales. On n’ignore plus rien des frères Martinez, de Frédéric Finot, d’Yves Hézard ou de « Jeff » » Bernard, de Julien Maitron, le plus ancien, ou de Maxime Geffroi, le benjamin ! Par ailleurs, on reste sous le charme reconnaissant de ces incontournables familles nivernaises dont chaque membre contaminé par le virus du vélo - père, mère et enfants, oncles ou neveux ! - s’oblige, semaine après semaine, à le servir fidèlement et perpétuer ainsi la Légende plus que centenaire. Ces clans familiaux ont initié bien des carrières chargées de gloire ou d’illusions. L’auteur en évoque avec sobriété et beaucoup de talent le déroulement parfois chaotique, dans le souvenir des émotions candides qu’aura fait naître ici un cruel échec, là une époustouflante victoire ! Hommage est également rendu à quelques dirigeants si précieux par leur dévouement, comme aime à le souligner dans une préface admirative Bernard Thévenet, en prestigieux voisin. Une réussite totale que ce gotha cycliste nivernais qui était à écrire ! Il fera oublier à Jean-Michel Marchand les quelques doutes qui naissent toujours d’une entreprise de longue haleine dont on désespère de ne jamais voir la fin ! Avec les palmarès des plus belles épreuves sillonnant ses routes, le département de la Nièvre vient de se doter d’une véritable bible dont vont forcément se nourrir les émules de Daniel Mangeas animant les courses locales et régionales. Et si d’autres fanas, témoignant d’une même pugnacité et d’un talent comparable d’écriture, s’engouffraient dans la brèche et livraient dans les années à venir un répertoire exhaustif des gloires cyclistes de la Côte d’Or, du Maine-et-Loire ou du Calvados, on oserait espérer moins de frilosité chez les éditeurs. Car, qu’un tel bijou ait été boudé par les grandes maisons au point d’en condamner l’auteur à s’auto-éditer demeure pour nous une énigme !
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FIGURES DU CYCLISME NIVERNAIS 1900-2008, par Jean-Michel MARCHAND, préface de Bernard THÉVENET, 290 pages 21x29,5 richement illustrées, papier glacé, couverture souple, disponible chez l’auteur, 2, rue Simon Marion, 58000 NEVERS. E-mail : mcjm.marchand@orange.fr/ Prix : 32 € (+ port). |
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UNE ICÔNE EN PAYS ICAUNAIS |
Entre Robert Renault et les frères Joachim et Jacques Roca, Raymond Riotte appartient de droit au gotha alphabétique de Jean-Michel Marchand. Mieux : véritable icône du cyclisme bourguignon, Riotte méritait qu’on projetât sur sa seule carrière les feux d’une biographie détaillée. Pour avoir débuté quasiment avec lui, sous les couleurs du Vélo-club Auxerrois, Charles Guénard s’y est attelé, rappelant le parcours peu banal d’un athlète plus sûrement attiré par le football où il excellait que par le vélo dont il n’eut la révélation qu’à l’âge de ses obligations militaires… en Algérie. Rendu à la vie civile en 1962, il connut une réussite éclair et, effaçant les obstacles, devint Champion de Bourgogne des Indépendants en 1965 puis vice-Champion de France des Amateurs Hors Catégorie en 1966. La gloire naissante, sa sélection pour la prestigieuse Course de la Paix, ses apparitions remarquées aux côtés des Pros auraient pu lui tourner la tête. Mais en homme de la terre, Riotte ne lâcha jamais la proie pour l’ombre. Il opposa toujours le temps d’une mûre réflexion aux nombreuses mais peu valorisantes sollicitations des recruteurs professionnels et ne céda qu’à un ultimatum de Geminiani, lequel lui fit sauter le pas le 20 mars 1967 ! Trois mois plus tard, le néo-pro avait donné tant de gage de sa solidité que Marcel Bidot le retint dans la sélection tricolore pour le Tour de France. Riotte y obtint son bâton de maréchal par le gain d’une étape et le port provisoire des Maillots Jaune et Vert.De la carrière professionnelle du Bourguignon, laquelle s’acheva en 1974, Charles Guénard aura épluché toutes les courses, des monuments en ligne ou par étapes jusqu’aux plus petits critériums à la signification sportive parfois discutable. Une litanie de victoires et de places d’honneur qui consacre ce robuste coureur natif de l’Yonne, « Héros du Tour de France 1967 », comme le meilleur coureur icaunais de tous les temps !
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RAYMOND RIOTTE, HÉROS DU TOUR DE FRANCE 1967, par Charles GUÉNARD, sous le parrainage du Conseil Général de l’YONNE, 112 pages 15x21, nombreuses photos n&bl, édité à compte d’auteur, tirage limité à 500 ex. Prix : 20 € (+ 3 € de port) à verser chez Charles GUÉNARD, 3, rue des Oiseaux, 89400 CHARMOIS. Tél : 03 86 91 26 43. |
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2008 : UNE ANNÉE ORDINAIRE |
Depuis qu’a éclaté l’affaire Festina, il n’est plus d’année cycliste qui n’ait été secouée par un séisme lié au dopage. Combien de temps encore le vieux chêne supportera-t-il d’être ainsi roué de coups, et par ses propres fils, s’il vous plaît ? Cette interrogation récurrente ne dissimule rien de l’inquiétude légitime qui ronge les passionnés mais elle laisse suffisamment de place à quelques poches d’optimisme qui rassurent et apaisent. Et l’on s’accorde à trouver dans le renforcement des dispositions anti-dopage des raisons de croire en la survie d’un sport qui ne pourra éternellement s’accrocher à sa Légende, fût-ellefabuleusement dorée.
C’est le ton résolument positiviste affiché par Gilles Comte et Jean-François Quénet dans leur traditionnelle production des livres-bilans de la saison écoulée. Dans « L’Année du Cyclisme 2008 », signée chez Calmann-Lévy par le premier, comme dans Le Livre d’Or du Cyclisme écrit chez Solar par le second, l’on souligne le consternant entêtement de certaines têtes couronnées des pelotons à braver le législateur et tenter de bâtir en toute impunité une carrière factice et frelatée. Mais, l’on se félicite aussi, dans l’imbroglio des classements sujets à caution et des déclassements qu’ils génèrent, de l’efficacité avérée des contrôles, lesquels remettent sur une même ligne de départ gendarmes et voleurs ! Par cette victoire de la crédibilité sur la triche organisée, le vélo renaît à la vie, nos deux journalistes déroulant par le texte et l’image le ruban des courses - classiques, grands Tours, épreuves par étapes, championnats, JO – que nos mémoires se refuseront toujours à effacer. Deux ouvrages que les archivistes jugent incontournables, mais qui désolent les puristes ! Chez Calmann-Lévy, le Tour de Lombardie est à nouveau sacrifié sur l’autel du marketing. Cela fait 35 ans que les lecteurs enragent et s’insurgent… Leur faudra-t-il pousser jusqu’au boycott pour que ce monument chargé d’histoire reçoive cette simple marque de respect ?
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L’ANNÉE DU CYCLISME 2008, par Gilles COMTE, 35e album, 190 p. illustrées 22,5x27,5, chez CALMANN-LÉVY, 31, rue de Fleurus, 75006 PARIS. Prix : 30,15 €. LE LIVRE D’OR DU CYCLISME 2008, par Jean-François QUÉNET, préface de Julien ABSALON, 146 p. illustrées 24,5x30, 15e album sous ce format, chez SOLAR, 12, Avenue d’Italie, 75627 PARIS Cedex 13. Prix : 24,90 €. |
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L’Italie reste un incroyable eldorado pour les amoureux de beaux livres de cyclisme. Il suffit pour s’en convaincre de feuilleter le catalogue 2008 de Graphot Editrice. Une mine d’or que cette maison d’éditions turinoise, dont les pépites scintillent du talent de Beppe Conti, sans doute le Jean-Paul Ollivier italien ! Journaliste au quotidien Tuttosport, correspondant local à la Gazzetta dello Sport, il fut, à l’âge d’or du calcio, le chantre de la Juve et du Torino, lesquels enflammaient alors la Botte et dominaient la planète football. Mais il s’était pris de passion pour le vélo et ses dieux mythiques, après qu’adolescent, il eut tâté de la compétition, avec des résultats très modestes, convenons-en ! Depuis lors, il explore la Légende et signe régulièrement des ouvrages dédiés à l’histoire du cyclisme. Sa verve paraît inépuisable, qui magnifie les bâtisseurs du mythe, comme dans « Storia e leggenda del grande ciclismo » (520 pages, 45 €) ou dans « Cento Campioni del Novocento » (240 pages, 30 €), deux pavés extraordinaires qui ont installé Beppe Conti au firmament des plus grands écrivains de la littérature sportive. Le premier, sorti en janvier 2006, a les accents d’une « Fabuleuse Histoire du Cyclisme » telle que nous l’a léguée le regretté Pierre Chany. Primé par le Comité Olympique National Italien, il déroule, de décennie en décennie, un siècle de légendes populaires qui, des pionniers de l’époque héroïque aux champions de l’ère moderne, justifient l’admiration béate et la fidélité des foules qui s’agglutinent aux bords des routes dans une exubérante messe païenne. Le second, publié en mai 2002, s’est inspiré du chef-d’œuvre d’Olivier Dazat : « Seigneurs et Forçats du Vélo ». Il expose une galerie de portraits des 100 champions qui, pour notre journaliste, ont laissé une trace indélébile dans le cours des années 1900 ! De Gerbi et Garin, les « héroïques », à l’Américain Lance Armstrong, le « trompe-la-mort », ils reçoivent dans cet album, par ordre d’apparition dans la Légende, le juste hommage d’un passionné qui évoque leurs parcours par un texte concis et immortalise leurs traits par une photo pleine page très suggestive.
Mais Beppe Conti n’excelle pas seulement dans le survol de l’histoire générale du sport cycliste. Il brille aussi dans le récit biographique d’un coureur ou l’évocation spécifique d’une course. Ainsi revisite-t-il la carrière remarquable quoique tronquée du Toscan Loretto Petrucci. Dans « Petrucci, Grande imprese » (190 pages, 16 €), Conti évoque les débuts de ce surdoué qui connut ses trois glorieuses (Milan-San Remo 52 et 53, Paris-Bruxelles 53) avant l’âge de 25 ans et affronta alors l’hostilité déclarée du grand Fausto Coppi qu’il avait eu l’outrecuidance de vouloir quitter. Le Campionissimo dévoilait en l’occurrence une facette peu flatteuse et bien terne de sa personnalité. Car, pour avoir voulu s’affranchir de sa tutelle, Petrucci fut mis à l’index par certains parrains du peloton. Les bouquets se raréfièrent et l’enfant de Pistoïa jeta l’éponge à un âge où un athlète atteint généralement sa pleine maturité. Curieusement, le palmarès du Toscan n’est repris nulle part alors que 72 pages sont consacrées à l’historique de la « Primavera ». Peu rancunier, Loretto reste un serviteur zélé du sport cycliste. Il officia tout récemment encore en tant que directeur de course de Florence-Pistoïa.
On accordera une mention spéciale à « Il Tour d’Italia, Aventure, storie e leggende del Giro di Francia sulle nostre strade » (176 pages dont une quarantaine d’illustrations hors-texte, 25 €), une chronique détaillée des incursions de la Grande Boucle sur le sol italien, depuis la halte dans San Remo qui vit le triomphe de Gino Sciardis, l’oncle des frères Anzile, en 1948, jusqu’à Sestrières où fut intronisé, en 1999, un Texan revenu de l’Enfer et qui posa ici, sur la plus médiatique course cycliste du Monde, les premiers jalons d’un improbable septennat. Cependant, nul n’ignore que l’événement cycliste 2009 épousera le tracé du Giro d’Italia et que ce vénérable centenaire sera, comme il se doit, honoré d’une orgie d’ouvrages dédiés à sa légende. Beppe Conti donne le ton avec « 100 storie del Giro, 1909-2009 » (252 pages, sans illustrations, hélas ! - 16 €). Cent récits nourris d’exploits et de drames, d’envolées victorieuses ou d’effondrements spectaculaires ! Cent histoires qui, du rire aux larmes, réveillent les accents réconfortants de l’épopée ! Cent actes gratuits qui sont le ciment du Mytheet nous ramènent en des lieux-cultes religieusement visités. Les Campionissimi y luttent ànouveau, parfois empêtrés dans leur rivalité féroce, et repartent, auréolés de leur gloire intemporelle, affronter les tempêtes du Monte Bondone, les frimas du Gavia ou les lacets inhospitaliers des Tre Cime di Lavaredo… Nous salivons déjà aux actes d’adoration à venir…
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Tous ces ouvrages disponibles chez GRAPHOT EDITRICE, Lunga Dora Colletta, 113/10 bis, 10153 TORINO ( Italie). Tél : ( 0) 11 238 62 81. Fax : ( 0) 11 235 88 82. Internet : www.graphot.com / E-mail : graphot@graphot.com / (Les prix mentionnés s’entendent hors frais d’envoi !) |
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La lecture des classements de l’UCI au terme de la saison sur route 2008 est édifiante : le Grand-Duché du Luxembourg, cette enclave territoriale vaste ( !) comme un département français est aujourd’hui la 7e nation cycliste du monde ! Devant les Pays-Bas ou… les Etats-Unis ! Les exploits répétés de ses trois mousquetaires, Kim Kirchen et les frères Schleck, auxquels on adjoindra un D’Artagnan plus discret, Benoît Joachim, ont initié une spirale d’euphorie dans laquelle, nul n’en doute, se laisseront aspirer d’autres talents, tels Christian Poos ou Laurent Didier, digne fils de Lucien et petit-fils de… Bim Diederich !
Pour saluer comme il se doit la saison exceptionnelle de ses porte-drapeaux, les éditions Saint-Paul et le Luxemburger Wort publient un luxueux album à l’iconographie flamboyante, Kirchen, Schleck & Co, qui exprime rien moins que la gratitude de tout un peuple pour ses nouvelles idoles et la fierté rendue à une nation qui ne vivait plus que dans le souvenir dilué d’un âge d’or révolu. Les palmarès de ses enfants prodiges repris en fin d’album laissent augurer d’une trajectoire encore plus glorieuse en 2009, pour peu que Fränk, l’aîné des frères Schleck, sorte définitivement blanchi de la sordide affaire Puertos.
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VÉLOMANIA 2008 : KIRCHEN, SCHLECK & Co, LUXEMBURG IM RADSPORTFIEBER (+ 1 CD inclus), par Lucien GRETSCH et Joe GEIMER, textes en luxembourgeois, 144 pages 22,5x28,5, papier glacé, photos couleur de Serge WALDBILLIG, Guy WOLFF et Christian KEMP, aux Editions SAINT-PAUL, L-2988 Luxembourg (GD). Tél : ( 00352) 4993 275/432. Fax : ( 00352) 4993 580/383. Site Internet : www.editions.lu / E-mail : editions@editions.lu / Prix Librairie : 19, 90 €. |
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Aux éternels pessimistes, aux indécrottables sceptiques, les éditions Grimal adressent un formidable message d’espoir avec un ouvrage aux photos éloquentes, « La France du vélo », qui sort des sentiers battus. Voilà un livre de cyclisme qui n’évoque pas les carrières de Merckx, Coppi ou Bobet, ne ressasse pas les records d’Anquetil ou de Bernard Hinault, ne décortique pas les palmarès de Paris-Tours ou de Paris-Roubaix, mais qui choisit de scruter la planète Vélo par l’autre bout de la lorgnette. De la sorte, Christèle Frossard, photographe, et François Terrier, journaliste, braquent les feux de leurs projecteurs sur les dirigeants de clubs, les pratiquants occasionnels, les bénévoles au dévouement sans limites, les mécanos et autres professionnels du cycle, les motards chargés de la sécurité ou ces spectateurs fidèles et connaisseurs qui calquent leur quotidien sur le calendrier des courses et assènent leur vérité dans la convivialité des bords de route.
Où le rêve passe toujours trop vite et vous laisse déboussolés, entre enchantement et frustration !
Par le texte et l’image, cet ouvrage apporte un éclairage révélateur sur un microcosme que l’on prétend condamné à court terme par les errements de ses officiants. Il témoigne surtout du profond attachement à la grande famille du vélo, à ses valeurs, ses codes, ses traditions, de ces milliers d’anonymes qui n’abjureront jamais leur passion. Même leurs coups de gueule bien sentis sont dictés par elle… Sans eux, la planète ne tournerait pas rond ! Leur foi, leur enthousiasme, rassurent : le cyclisme a encore de belles années devant lui !
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LA FRANCE DU VELO, Passions anonymes… de l’ombre à la lumière, collection Témoignages, textes de François TERRIER, photographies de Christèle FROSSARD, préface d’ Alain Prost, 146 pages 18x23,8, papier glacé, couverture souple, aux Editions GRIMAL, 55, rue des Vignoles, 75020 PARIS. Site Internet : www.editionsgrimal.com / Prix : Librairie : 27 €. |
L’ÉQUIPE, TON UNIVERS IMPITOYABLE… |
Quelle mouche a donc piqué David Garcia, journaliste indépendant, pour malmener à ce point la vénérable institution que représente le quotidien L’Equipe, ce pilier géant de la presse sportive française ? Avec la ténacité d’un prédateur refusant de lâcher sa proie, il a mené des investigations dérangeantes qui placent successivement sur le gril les membres les plus éminents de la rédaction du journal. Il dévoile ainsi « La face cachée de L’Equipe », résumant l’historique de la « Bible » du sport aux luttes d’influence qui secouent périodiquement le staff rédactionnel. Ici, comme dans tout microcosme, l’homme révèle sa basse nature par sa quête effrénée du pouvoir, et si son ambition dévorante justifie les intrigues et les compromissions, il paie souvent d’un prix exorbitant ses petites lâchetés.
Deux années d’enquête, d’entretiens, ont donc abouti à ce pavé de plus de 500 pages édité par Danger Public – tout un programme ! – qui ne se contente pas d’exposer à la face du monde le portrait sans concessions d’une micro-société aux codes sulfureux, lesquels feraient passer les parrains de Naples ou de Sicile pour d’angéliques premiers communiants, mais qui témoigne aussi de l’évolution du journalisme depuis la fin de la Guerre, analysant par ailleurs les raisons du déclin d’un titre de presse dont la situation de monopole donna parfois libre cours à l’arrogance ! Ebranlé par le couac historique du Mondial 98 et l’affaire Aimé Jacquet, le quotidien de référence du sport international montre aujourd’hui un visage délabré, une assise meurtrie par des révélations nauséeuses touchant au football corrompu par le fric ou au cyclisme ballotté entre silences moralisateurs et sévérité de façade. Ce dernier, objet de toutes les attentions des lecteurs de Coups de Pédales, voit ses colonnes rétrécir comme peau de chagrin et ne reconquiert qu’épisodiquement le terrain perdu à la faveur d’une de ces affaires aux parfums de scandale dont une sinistre presse fait ses choux gras. De l’épisode Festina à la révélation tardive de l’imposture Armstrong, les journalistes de L’Equipe ont-ils sciemment creusé la tombe du sport cycliste ?
Règlements de compte, mensonges ou omissions, luttes d’influences, jalousies mesquines, intérêts financiers, griseries du pouvoir : est-ce là l’univers impitoyable des salles de rédaction sportive ? Jean-Marie Leblanc n’a pas dû apprécier !
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LA FACE CACHÉE DE L’EQUIPE, par Didier GARCIA, 552 pages 13,8x20,5, aux EDITIONS DANGER PUBLIC, Groupe LAMARTINIERE, 96, Boulevard du Montparnasse, 75014 PARIS. Tél : 01 53 63 88 11 ; Fax : 01 45 49 17 60. Site Internet : www.dangerpublic.net / E-mail : dangerpublic@lamartiniere.fr / Prix : 16,90 €. |
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Il fut une époque pas si lointaine où, par leur vagabondage partagé, journalistes et champions cyclistes tissaient entre eux des liens d’amitié plus solides que l’airain. La génération des Chany, Augendre, Chapatte ou Michéa pourrait en témoigner, qui recevait les confidences des plus grands : Anquetil, Bobet, Gaul, Coppi… En ces temps bénis, le journaliste évoluait au cœur de la course et son analyse respirait l’émouvante authenticité d’une aventure vécue. Aujourd’hui, jugé indésirable et rejeté loin de l’action, il est confiné dans une salle de presse où il lui faut écrire un papier sans avoir vu un seul numéro de dossard de la journée !
Le temps des confidences est révolu. Dans une atmosphère de traque perpétuelle faite aux tricheurs et aux dissimulateurs, l’amitié complice est devenue un luxe interdit, la défiance creusant entre les deux clans – athlètes et plumitifs - un abîme d’incompréhension. De ce constat peu réjouissant, Pascal d’Huez a pris le contre-pied. Sous ce nom d’emprunt, il se proclame L’Ami des Champions et signe aux éditions Le Pas d’Oiseau un recueil de Chroniques cyclistes 2005-2007, à lire au second, voire au troisième degré. Volontairement confinés à ces années troubles, ces billets décalés, mêlant humour et lyrisme, apportent une bouffée de fraîcheur providentielle, à l’heure où le microcosme itinérant perd les pédales et glisse doucement sur la pente d’une déchéance annoncée. Membre éminent du peloton des gens de lettres où il aime tirer quelques bouts droits, Pascal d’Huez brille par une échappée mensuelle : un billet d’humeur à lire sur le site Sport&Erotism. Ça ne s’invente pas !
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L’AMI DES CHAMPIONS – CHRONIQUES CYCLISTES 2005- 2007, par Pascal d’HUEZ, dessins d’Eléonore FORÊT, 240 pages 12x19, chez LE PAS D’OISEAU EDITIONS, 176, Chemin de Lestang, 31100 TOULOUSE. Site Internet : www.lepasdoiseau.com/ Tél : 05 61 41 27 09. Prix Librairie : 15 € |
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Notre ami Jacques Seray a récemment obtenu, et nous l’en félicitons, le Prix du Document et de l’Essai 2008 attribué par l‘Association des Ecrivains Sportifs, sous l’égide du Comité National Olympique et Sportif Français pour sa dernière contribution à l’histoire de la Vélocipédie : Pierre Giffard, précurseur du journalisme moderne. Une juste récompense à l’heure où notre historien, poussant toujours plus loin la curiosité légitime qui sied à son statut, vient d’achever la biographie de Richard Lesclide, le premier véritable journaliste de cyclisme, fondateur du Vélocipède illustré. Souhaitons au talentueux Jacques Seray de trouver dans ce prix littéraire un sésame ouvrant les portes de certaines maisons d’édition.
Jean-Pierre Marcuola
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