| GUNEPIN Irène |
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PARTIR en vélo des pavés de la Place Stan' de Nancy jusqu'au sable du Sénégal avec une visée solidaire... |
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| Un vrai défi... |
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PARTIR en vélo des pavés de la Place Stan' de Nancy pour Irène et Claude et du Parc des Capucins à Coulommiers pour Alain, jusqu'au sable du Sénégal, c'est le défi de ce trio un peu déjanté, qui l'an dernier, ne se connaissait pas encore. |
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Un vieux projet qui trotte dans la tête d'Irène depuis de longues années en attendant l'âge de la retraite.
A force de persévérance et de persuasion, elle a su rassembler "l'équipage" qui allait lui permettre de réaliser son rêve.
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Vous qui l'avez déjà croisée, cotoyée, supportée, venez partager ses rêves d'aventure, ses convictions solidaires ou ses futures rencontres fascinantes !" |
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| Qu'est-ce que le FORUM SOCIAL MONDIAL ? |
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Le Forum Social Mondial est un espace de débat démocratique d'idées, d'approfondissement de la réflexion, de formulation de propositions, d'échange d'expériences et d'articulation de mouvements sociaux, réseaux, ONGs et d'autres organisations de la société civile qui s'opposent au néo-libéralisme et à la domination du monde par le capital et par toute forme d'impérialisme. |
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| Définition |
L'accaparement, c'est l'acquisition (location,concession, voire achat) par des multinationales ou des États de vastes zones cultivables
(au minimum 10 000 hectares, et jusqu’à des centaines de milliers) à l'étranger et à long terme (souvent 30-99 ans), pour produire des denrées de base destinées à l'exportation. |
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DIMANCHE 06 FEVRIER 2011 - L'INCROYABLE AVENTURE SE TERMINE |
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L’arrivée à la porte du troisième millénaire n’est pas l’effet du hasard. Le Sénégal lutte depuis longtemps pour les droits de la femme, mais c’est au troisième millinaire que cela s’est concrétisé par le vote des lois sur la parité et que leur rêve s’est presque réalisé. Cette porte qui s’ouvre au monde sur la mer montre vraiment qu’un autre monde est possible.C’est pour toutes ces raisons que j’ai choisi de terminer mon « odyssée » à cet endroit.La dernière étape a été assez bien réglée puisqu’elle n’a amenée vers 16 heures aux portes de Dakar. A 16 h 30, nous atteignons la grande porte. Toute la délégation de Peuples Solidaires est là, les amis, les accompagnateurs. Chants, photos, films, que d’émotion… C’est encore trop frais pour vous dire ce que l’on a vécu. Le groupe s’est senti tellement bien qu’il est resté là presque deux heures. Nous avons déjà partagé de nombreuses bribes de notre voyage avec les personnes qui l’ont souhaité.Je mets quelques photos pour que vous ayiez un apperçu. Après j’ai déliré, dans la joie et la bonne humeur, heureuse de la fin de l’aventure.Tous mes amis sénégalais n’ont pu être présents, certains, malades d’autres retenus par des engagements. Mais Siddik Traoré vient de m’appeler et m’a fait un discours au téléphone qu’il est prêt à refaire en public si on lui en donne l’occasion. Des paroles poétiques et philosophiques.L’aventure n’est pas finie, la marche de demain sera l’ultime fin de mon histoire vélo mais les images n’ont pas fini de défiler dans ma tête et les pages ne sont pas encore totalement noircies. |
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MERCREDI 02 FEVRIER 2011 - DERNIER APPEL AU PEUPLE |
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Nos actions sénégalaises sont commencées, voir journal de bord. La mobilisation est effective, le malaise agricole est profond. Un jeune me disait hier, j’ai fait une formation, je suis agriculteur et je n’ai pas de terre à exploiter, tout m’est refusé… Nous faisons deux présentations par jour. Une en fin de matinée, l’autre à l’arrivée de l’étape. Je pensais boucler le budget avec les 1000 euros recueillis, en faite, il manque 200 à 300 euros, pour être à l’aise les subventions refusées auraient été les bienvenues… Recettes :1000 euros = 650 000 CFA
Dépenses : 440 000 bus et nourriture, 150 000 location de voiture des accompagnateurs pour relai avec les locaux. 40 000 film pour télévision,30 000 alimentation des accompagnateurs et hébergement. Voilà où j’en suis, la vie est chère, le téléphone aussi.
Mais bon, l’action fonctionne, c’est le principal. Prochaines interventions : Louga et Kebemer demain après : Mekhé et Thiès et samedi arrivée à Dakar. Nous avons été filmé par Wolf FM, on passe à la télé de St Louis au journal télévisé et à la radio. Si ce n’était l’angoisse de l’argent, tout irait bien. |
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MERCREDI 02 FEVRIER 2011 - LES TRIOS JOURS A M'BAM |
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Mercredi, jeudi, vendredi :
Au réveil, Alain fait la chasse à la souris et la rate, elle vient se blottir sous le tapis où sont posés les deux matelas. Nous abandonnons la recherche. Le soir, j’en parle à Moussé qui débusque l’animal et le tue. Je suis soulagée. Mais la nuit suivante, la lumière à peine éteinte, une nouvelle souris se met à grignoter. Nouvelle chasse, nouvelle planque dans la fameuse caisse. Alain me dit, ne t’inquiète pas elle ne ressortira pas. Il s’endort à nouveau et 5 mn plus tard, la bête continue son festin. J’allume la lumière et la laisse ouverte toute la nuit. Je dormirai en paix. Moussé se charge de récupérer l’animal en notre absence.
Le lendemain soir, nous rentrons tardivement de Richard Toll en voiture. Dans la lumière des phares, nous percevons de gros rats dans la cour de la MPT. Les gens rit de notre effarement de constaterr la présence de ces bestiaux dans un lieu public.Eh, oui… La cause : un énorme tas d’ordure jouxte la maison bien que deux ans plus tôt, nous ayons profité de l’inauguration de la maison pour le faire disparaître.
Un bull de la compagnie sucrière avait remis le terrain à nu. Quand on voit la femme d’un élu local venir déposer ses sacs d’ordure, que faire ?
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Les deux remorques achetées l’an dernier pour un nouveau ramassage d’ordure ne semblent pas encore entrée en fonction. Les ânes sont ils acheté ? Pas sûr. Aucune amélioration environnementale n’a vu le jour depuis le dernier chantier de jeunes. C’était pourtant une des tâches prioritaire que l’association devait prendre en compte. Alain qui vient de faire le tour du village revient effaré de ce qu’il a vu. Les gens qui se baignent à un mètre de la pollution, des ordures, on voit fréquemment la toilette d’un animal et d’une personne dans l’eau du fleuve forcément brouillée. On rencontre partout des dépôts d’ordure. Je ne sais plus quoi faire, il n’y a rien à faire. Donc, étant donné que c’est partie du développement local n’est pas pris en compte, nos projets ne peuvent qu’échouer. Cela veut dire que la démocratie participative du développement local, pour qu’il soit réel et durable, doit exister. A M’Bagam, cela ne marche pas malgré la volonté de quelques personnes. La population est dans la passivité totale et dans la main tendue.
Nous profitons des ces deux jours au village pour faire le point de la situation, pour moi, elle est décevante. Ils ont une maison mis à part la garderie, rien ne s’y passe même si elle est mieux entretenue que par le passé. Le robinet qui coule et pour le quel j’avais laissé de l’argent à mon départ l’an dernier n’a pas été changé, la serrure à la porte n’est pas réparée, etc, etc… Personne ne me demande d’organiser une réunion pour faire le point sur le partenariat. J’en prendrai l’initiative. C’est un désastre. Les gens sont venus mais personne ne comprend rien à rien. Ils veulent redéfinir les bases du partenariat. Bases que l‘on a construites ensemble à partir de leurs demandes et dont la convention n’a jamais été signée. C’est désolant, décevant. Ce qu’ils veulent, ce sont des sommes d’argent et rien d’autres. De l’argent dont ils disposeraient à leur gré sans aucun rendu.
Nous passons ensuite en revue les chantiers en cours. Le budget initial du mur a doublé. Où allons-nous chercher le complément. Celui du dispensaire n’est pas mieux. Il était prévu pour une salle, deux sont construites, qui va payer la fin des travaux ? C’est toujours plus. Je passe volontairement sur les détails. j’ai peine à m’endormir après cette soirée de mise au point. Pour moi, M’Bagam, c’est fini. J’ai trop donné, il a peut être deux ans que j’aurais dû arrêter. Le point positif à mes yeux, c’est du côté des Peuls qu’il me vient, ils ont leur école, le Chef est heureux de me la montrer, il nous le témoigne rapidement, les gens affluent en deux minutes autour de nous, c’est la joie. Nous pourrions les faire chanter et danser mais nous sommes pressés, il faut partir.
Nous restons trois jours au village. Trois jours bien occupés à rencontrer les gens, les collaborateurs, le Maire de Rosso, les enseignants et mettre au point le projet accaparement des terres dont la marche de Dakar où je souhaite qu’un maximum de personnes participent. Deux bus partiront un de M’Bagam et un de Ross Béthio. Nos contacts avec PINORD se formalisent. Nous formalisons les rencontres avec les groupements de paysans. Nous passons à la radio pour présenter le projet. C’est bien parti. Les journalistes se proposent de relayer notre action.
Voilà pour résumer ces trois jours. Pas de sieste et un minimum de sommeil.
Samedi matin, nous partons à Dakar, chercher Lisa la femme d’Alain qui vient le rejoindre mais surtout pour préparer l’arrivée là-bas. Abdoulaye notre ami de toujours nous aide bien. Il nous confectionne une banderole et nous aide à tirer des tracts mais la cartouche d’encre est rapidement vide. Le dimanche, bien sûr, tout est fermé.
Nous repartons lundi matin à M’Bagam pour cette fois reprendre la route.
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MARDI 25 JANVIER 2011 - LA VICTOIRE APPROCHE ! |
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Le but de son périple de 6 600 kilomètres:
- Arrivée à Dakar et participation à la grande marche le 6 février avec la délégation Peuples Solidaires au Forum Social Mondial à Dakar
- Participation au séminaire sur l’accaparement des terres du Forum Social Mondial
- Faire en sorte que de nombreux groupes participent au Forum Social Mondial et fassent entendre leurs protestations contre l’accaparement des terres.
- Faire prendre conscience que les problèmes de faim dans le monde peuvent être réduits par l'accés à la terre des hommes et des femmes des pays du Sud :
Il est indispensable de soutenir l’agriculture familiale qui est fondée sur la communauté et produit pour les marchés locaux et régionaux, et non l’agriculture industrielle qui ne profite qu’à l’agrobusiness. |
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LUNDI 24 JANVIER 2011 - NOUATCHOTT ATAR EN BUS |
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Cette fois, c’est la bonne, petite nuit comme je disais, départ du Sahara en taxi, nous sommes à l’heure.Heureusement que le taxi connaît la gare routière car, ce n’était pas évident d’aller à cet endroit pour la trouver. C’est à l’extrémité de la ville, en direction, d’Atar, justement. Nous sommes les deux seuls européens au milieu des locaux. Chance, la Mauritanie n’est pas le Sénégal. Nous ne voyageons pas au milieu des chèvres ou des seaux de poissons.C’est un nouveau grand jour qui se prépare. Ce voyage en Adrar n’est pas anodin. Découvrir l’Adrar, c’est s’imprégner du « vrai désert », ce jardin d’Allah duquel le Dieu a enlevé toute vie humaine ou animal superflue de façon à pouvoir disposer d’un lieu où il puisse cheminer en paix. (Dicton arabe)Dés la sortie de Nouakchott, nous sommes sur une longue route assez monotone qui longe des cordons dunaires.
Ils sont loin de la vue, nous les distinguons à peine. Seuls quelques troupeaux de chameaux égayent le paysage. La terre n’y est pas fertile. Dommage, car sur ces longues étendues, des vergers pourraient alimenter en fruits tout le pays. A un moment donné, tout de même le sol n’a plus le même aspect. Là, la terre, pourrait donner. Des projets seraient à l’étude, il faut des fonds et que des ONG s’y intéressent. A 130 km, les premiers guelbs apparaissent. Pose dans la ville d’Akjoujt. J’aime ces poses, il y a toute une effervescence qui s’installe. |
Deux grandes collines à l’ouest de la ville rappellent les mines de cuivres. Elles ont été fermées, ré-ouvertes, fermées à nouveau, et actuellement seraient exploitées par des sociétés australiennes dans le cadre de l’exploitation d’or. Quelques kilomètres encore et la montagne surgit d’un seul coup, une montagne noire tout en granite. On passe du niveau de la mer à 200 mètres d’altitude. Nous franchissons le col d’Amatil. On traverse également un joli petit village : Ain Taya. La végétation s’estompe de plus en plus. Pourtant, cette année les pluies ont été si intenses que le désert n’est pas tout à fait le désert. C’est un désert vert. Quelques maisons en banco apparaissent. Atar approche. La plupart des habitations sont construites à partir des matériaux locaux argile et pierres. J’ai changé de place dans le bus, je suis dorénavant à une fenêtre, j’ouvre grand mes yeux. C’est tout simplement beau, la vue change à chaque virage. La route est goudronnée, les chinois sont encore passés par là. Nous arrivons bientôt à Atar, capitale de l’Adrar. Cette ville, c’est la plaque tournante du tourisme régional. C’était, car nous arrivons dans une ville complètement vide de tout touriste. Amhed, le guide nous attend à la descente du bus. Il me fait un petit signe auquel je ne connecte pas. Il est jeune, la quarantaine environ. J’attendais un guide de la soixantaine étant donné que tous ceux que j’ai déjà rencontrés ont à peu près cet âge là. Pardonne-moi Amhed ! Tout l’honneur est pour toi. Aussitôt arrivés, aussitôt pris en charge. Tout est organisé. Nous arrivons dans une habitation pour y pendre le repas. Nous rencontrons d’autres guides qui expriment eux aussi leurs problèmes : la fuite du tourisme, la fermeture des auberges, le licenciement du personnel. Que faire ? Que dire ? Sinon compatir, dire que nous n’avons pas suivi les consignes puisque nous sommes là. Ils sont tous au courant de l’émission d’Envoyé Spécial. Pour ce gens, c’est comme une insulte à leur pays. Ils ne comprennent pas ce qui leur arrive alors que la vie, ici, est si tranquille. Problèmes d’intendance réglés, Ahmed part faire les courses, nous, petite sieste. Il revient rapidement. Puis, c’est le départ vers le village nomade proche de Chinghetti. Nous partons dans une Mercédès qui roule à fond la caisse sur la piste pour surpasser les trous. Nous roulons désormais dans la montagne, au milieu de paysages superbes. C’est un site remarquable. La montagne y est encaissée. Les seuls passages s’appellent par exemple : passe de Nouatil. C’est pour cela que d’après eux, le banditisme ne peut exister étant donné qu’il faut forcément passer par ces points et qu’ils sont gardés par les gendarmes. C’est l’inconnu total mais nous faisons confiance à ce guide qui a l’air bien organisé. Je connais un peu le milieu nomade de par les Peuls Sénégalais. Je n’ai pas trop envie de partager ce mode de vie, je ne l’avais pas prévu. Il me manque trop de choses pour que ce soit acceptable mais c’est le souhait d’Alain, il faut qu’il s’y retrouve lui aussi. Nous abordons ces gens au retour de leur troupeau de chèvres, nous sommes bien sûr les bienvenus. A peine descendus de voiture et la cérémonie du thé est en marche. Le lait de chèvre suit et enfin un grand repas couscous est servi. C’est bon. Plusieurs femmes s’activent. Le repas terminé, on assiste chez les voisins à une soirée chant traditionnel. Mais je suis morte de fatigue, je m’endors pendant les chants, j’ai honte mais je ne peux m’en empêcher. Il faut que je dise que je fais une allergie aux moustiques. J’ai une poussée d’urticaire. J’ai un œdème à chaque jambe. Je comprends que la plupart des chants sont des parades amoureuses. Ce n’est pas que la légende qui le dit. Il se passe des choses parmi les membres présents que je n’identifierai pas. Cela rit, cela danse. C’est un vrai spectacle poétique sous la tente nomade. On dort sous la khaïma au milieu de toute la famille. Nuit horrible pour moi, j’ai l’impression que mes jambes n’existent plus et en même temps, je suis prise de démangeaisons indescriptibles.
Mardi 18 Janvier 2011 :
Nous passons la journée dans ce village au milieu des bêtes et des quelques familles qui ont choisi le nomadisme pour survivre à leurs besoins. Ils viennent dans ce lieu le temps de l’hiver pour faire paitre leurs bêtes. Ils repartiront l’été revenu. Quelques enfants pétillants de malice égayent la communauté. Je fais des photos de toutes ces personnes. Je le leur enverrai. Les chevreaux gambadent de pierre en pierre. Ils sont attachés matin et soir au moment du départ et du retour du troupeau. Les chèvres, le matin ont du mal à abandonner les petits, le soir, elles les retrouvent sans problème et peuvent ainsi être traites. Je passe une partie du temps allongée pour éviter l’œdème. Je me pommade les jambes toutes les deux heures, c’est horrible. A un moment, j’ai même pensé retourner à Nouakchott. Ahmed est parti à Chinghetti pour la journée, la ministre de la culture, de la jeunesse et des sports vient rencontrer le milieu pour organiser le festival nomade de Chinghetti le 16 février. Il est un peu le porte parole de l’association des guides de l’Adrar. Il ne rentrera que tard le soir. Il me rapporte des médicaments qui devraient me soulager. Meddy nous montre ses talents culinaires. Il nous fait un plat de spaghettis cuits à point. Le soir couscous, les graines sont fabriquées par les femmes de manière artisanale. Nouvelle séance de chants mais je me coucherai, trop fatiguée. En plus, je viens de me faire poser du henné sur les pieds pour réduire les écarts de couleur dû au bronzage.
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MARDI 11 JANVIER 2011 - GARE DU NORD - TIMIRIST 129,91KM |
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Ce matin, nous avons été réveillés de bon heure par les bébés qu’on nourrissait mais aussi par le va et vient des passants dans la salle de repos.Premier évènement :La meilleur, c’est que plusieurs personnes sont venues prier dont un au pied de la couche d’Alain. Je pense que le vieux sage de la veille lui a fait rencontrer « Dieu » et qu’il lui a envoyé un messager pour le convertir, ce doit être le sort qu’il lui a jeté quand on s’est quitté, car il bougonnait en partant !J’étais morte de rire de voir ce grand gaillard, vénérait Alain, lui faire toutes sortes de bénédictions, de signes et lui qui dormait, enfin, cela l’a réveillé au bout d’un moment.Deuxième évènement :Les toilettes étaient tellement ragoutantes d’après Alain, que je n’osais y aller, je me suis ravisée en me disant que celles des femmes sont peut être plus propres que celles des hommes. Les premières n’ont pas de portes, les deuxièmes sont à peu près acceptables. Je mets les pieds sur le support WC turc, ho la la ! Le système bouge, j’ai l’impression de descendre dans la fosse. Le bidule ne repose sur rien, quel effet…Eh, oui, c’est l’Afrique !Un petit déjeuner rapide, rapide et nous quittons la gare du nord sans payer notre dette, bien sûr. Pourquoi aurions-nous été taxés alors que la salle est à disposition des voyageurs mise à disposition par Total en plus ?Troisième évènement, le meilleur, le vent est avec nous, pour nous.Dés le départ, nous montons la vitesse entre 22 et 25 à l’heure, nous ferons 60 km dans ces conditions très à l’aise. Non seulement, nous pédalons d’un bon rythme, mais le paysage est exceptionnel sous le lever de soleil.Les couleurs mais aussi les paysages. |
Si je cherche les adjectifs pour qualifier tout ce qui a fait monter l’émotion en moi, je dirai des vues sublimes, des couleurs chaudes, des dunes majestueuses et imposantes comme on en voit dans les revues touristiques.La journée d’hier nous a épuisé, celle d’aujourd’hui, nous fait revivre. Nous avions l’angoisse, personne n’avait pu nous donner des renseignements concrets sur ce que nous allions trouver en nourriture, relief ou autres sur l’étape de ce jour. Je savais seulement qu’il pouvait y avoir un dénivelé de 650 m donc d’énormes montées. Des montées, certes, il y en a, mais elles se passent bien. Elles sont annoncées à 10 %, je pense que les ponts et chaussés mauritaniens ont commandés une série de panneaux montée à 10 %, mais qu’elles sont seulement de l’ordre de 4 à 6 %. Comme dirait Gérard, derrière les montées, il y a les descentes. Quand je glisse au milieu de ces dunes grandioses, que l’air me caresse le corps, que les yeux sont remplis de cette lumière matinale, que tu te dis, cette fois, j’y suis mon rêve s’accomplit, c’est tout ce que j’imaginais, c’est ce que je voulais vivre, c’est tout simplement le bonheur.En plus, nous faisons des rencontres aussi charmantes que ne l’est le paysage. La première, alors que nous faisons une pose boisson, c’est un monsieur en retraite, survêtement, baskets qui fait sa promenade du matin. Il nous parle du pays, nous questionne sur le voyage, s’interroge sur beaucoup de choses à notre niveau, il nous rassure sur les évènements du désert, la région que l’on traverse n’est pas concernée, on le sait mais on aime que l‘on nous le répète, nous avons tellement entendu de « conneries » à ce niveau que c’est réconfortant. Alain voudrait goûter au lait de chameau, il nous dit que l‘on doit en trouver sur la route.Ce sera la deuxième rencontre de la matinée, justement, une famille vend du lait sous une tente. Je propose un nouvel arrêt, le problème avec les locaux, c’est qu’il y a tout un cérémonial à respecter, et qu’il faut passer par différentes étapes pour les aborder. Déjà, je dois aller m’asseoir à côté de la femme au fond de la tente. Quand on explique ce que l’on veut, il nous taxe le litre à 3000 ouguiyas, dés fois que cela marche. On baisse jusque mille, mais c’est encore cher pour du lait.En cadeau, on remet à Alain un verre d’une sorte de yaourt sucré fait avec ce lait. Il dit que c’est excellent.Il y a un moment d’échange fort même si on essaie de profiter de nous. Après le lait la femme veut me vendre un collier tout à fait quelconque : 3000 ouguiyas également. C’est difficile de leur faire comprendre que nous ne sommes pas des touristes comme les autres. Je propose de les photographier mais il faudrait encore payer. J’explique ma démarche, je leur dit que l‘on vient de partager un temps fort de l’amitié et que je veux le sceller à travers la photo. Un monsieur comprend fort bien, il me dit puisqu’ils sont bêtes : « Photographies moi avec ma fille ». Je m’exécute. Je lui propose de lui envoyer la photo s’il me donne une adresse pour lui faire parvenir. Il part chez lui et revient avec tout un dossier. En fait, on découvre qu’il fut guide officiel du Paris Dakar, qu’il est aussi guide du banc d’Arguin. C’est un monsieur très cultivé, un homme du désert comme on les imagine, noble, penseur, et très humble. On doit abréger, mais je prends quand même ses coordonnées téléphoniques, si parmi vous qui me lisez et si vous voulez un jour visiter cette région, approfondir la nature de ce parc national, j’ai une bonne adresse.Nous mangerons à l’ombre d’une ancienne épicerie aux abords d’un petit village. Un monsieur vient nous voir dés notre arrivée, mais on ne comprend rien à ce qu’il veut nous dire. Il est habillé bizarrement. Il a l’air du « bon sauvage » si on fait référence à Montaigne. Il part comme il est venu, je respire. Il nous faut des temps de repos où on peut souffler pour de vrai. Non pas que l’on fuit les autochtones mais on a besoin à un moment d’être seuls, de n’avoir rien à dire, rien à penser.Notre repas est encore réduit au maximum : sandwich thon, heureusement, je traîne une boite de maïs depuis la fin de l’Espagne. Amina nous en avait donné deux autres. On les apprécie, on aurait un œuf dur à ajoute,r ce serait encore mieux ! Mais, il ne doit plus y avoir de poules dans la région, car pas d’œufs nulle part.Je mangerai en dessert, la dernière pâte de fruit coing que Jean Paul m’avait envoyée.Petite sieste et c’est reparti dans ces paysages sublimes.Rouler dans le désert de Mauritanie, c’est un peu une quête de l’absolu, là, je suis dans ce défi personnel que j’attendais. Parcours spirituel intérieur où chaque kilomètre parcouru à des travers les dunes de sable rapproche de la connaissance de soi. Que dire de plus…J’essaie de prendre des photos qui complètent mes émotions, qui décrivent les décors traversés, ou les personnes rencontrées, celles de ce jour ne sont pas conformes à la réalité vécue. Il y a des moments, il faut savoir garder cette émotion en mémoire. Ne rien faire. J’ai pour exemple, cette carte postale sur ciel déjà couchant de quelques chameaux en haut d’une dune. Je l’ai ratée. Carte mémoire pleine. Une photo se prend au dixième de seconde…Je crois que c’est la plus belle journée depuis le début. Nous roulons dans un plaisir immense du début jusqu’à la fin de l’étape, même si les derniers kilomètres sont difficiles à atteindre. Nous arrivons à un point où nous virons à droite pour regagner le bord de mer. Nous devrons encore effectuer une bonne dizaine de kilomètres pour atteindre le poste de police du village tant attendu où nous devons nous poser. Nous espérions trouver un petit ravitaillement : rien. Que du poisson séché. Ils sont pendus aux fils devant toutes les maisons. On vend aussi de l’huile de poisson.Nous installons nos tentes derrière la boutique située juste à côté du poste de police. Nous pensons être bien gardés la nuit. Nous sommes bien, plus qu’une journée et nous seront libérés de l’angoisse de la traversée, même si elle est inconsciente. Elle est présente.Tellement bien que nous sautons en l’air quand un coup de fusil éclate. Les chiens courent de partout et hurlent, on se demande ce qui se passe. Un deuxième coup, un chien tombe. On n’ose pas y croire, eh bien si il vient de tirer sur l’un d’entre eux. Nous sommes paralysés, tétanisés. Le chien n’est pas mort, il va agoniser toute la nuit sans qu’ils ne l’achèvent.Je me couche tôt après avoir ingurgité un bol de lait chocolat, tartines, je n’ai pas envie d’un nouveau sandwich sardines. Alain a opté pour un plat de spaghettis de la gendarmerie. Il ne le recevra que vers les 22 ou 23 heures…J’ai du mal de trouver le sommeil, on réserve un drôle de sort aux chiens au Maroc comme en Mauritanie. Je ne rentrerai pas dans les détails. La SPA, si elle existe dans ces pays a du boulot à faire. En plus, comme c’est le contrôle de police, tous les véhicules sont arrêtés. Il y a donc un bruit incessant.. |
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MERCREDI 05 JANVIER 2011 - AIN BERDA (TENTE DE CHANTIER) - CAP BARBAS - 130 KM |
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Réveillée avant les aurores ! Ah, je peux vous dire que la prochaine fois que je voyagerai avec quelqu’un, la première question que je lui poserai sera celle qui correspond aux rythmes du sommeil. Je veux bien me lever tôt mais à l’heure dite pas la peine de bouger une ou deux heures avant.Voilà, donc parti relativement tôt, avec le lever du jour. Et le vent… On nous avait promis un bord de mer avec vent favorable, on ne l’a pas encore vraiment connu.Donc, ce matin, j’ai parcouru plus de 50 km dans le vent, à 12/14 à l’heure… Je n’aime pas les étapes où il faut faire du km. Cela veut dire que je n’ai pu me remplir de désert comme les autres jours. Le paysage était magnifique juste après le départ, tout en sable blanc, parterre de plantes grasses rouges, ciel embrumé, sur fond de mer émeraude, des effets que je n’ai pas encore rencontrés depuis le début du périple.Je prends quand même quelques photos en roulant. Ces plantes, ont dû virer du vert au rouge, elles sont maintenant fleuries. Je n’en connais pas le nom.Quand elles s’estompent, ce sont des touffes d’herbes vertes qui occupent le terrain. Pas de dunes apparentes. On passe encore une barre de petite montagnes. L’Adrâr Souttouf, sans doute. Je les monte sans problème. Contrairement à ce que l’on imagine, le désert n’est pas plat. Cette journée encore, je pense que l’on se paye quelques faux plats montants qui tirent passablement sur les jambes.Nous longeons la mer les trois quart de l’étape. |
Sans falaise la plupart du temps. Cela veut dire, qu’elle est à portée de vue et de bain si je souhaite.J’ai choisi le vélo, je n’ai pas encore goûté à l’eau depuis le départ.L’étape me paraît longue. La matinée m’épuise. Le vent, sans doute. Mais depuis plusieurs jours, je ne m’alimente plus normalement. Non, pire que cela. Depuis plusieurs semaines. Seulement depuis Boujdour, c’est l’apothéose. Plus de commerce sur notre passage, plus d’hôtel, plus d’eau ou d’électricité dans les stations service. Quand il y en a. Les deux dernières, je vais dire que l’on avait un abri. C’est presque de la survie. Le plus dur, c’est pour la toilette.Dans la journée, j’ai des envies qui me trottent dans la tête, celui de Martini ayant été satisfait, cette après midi, c’était un Perrier menthe. Il faut dire qu’il fait de plus en plus chaud et que l’on boit de plus en plus. L’eau a ses limites.Je vois une maison au loin, super, je me dis, on va profiter de l’ombre du mur. Alain est devant, il a la même idée que moi. Mais à peine descendu de vélo, un monsieur l’accueille et le fais rentrer chez lui. Zut, je suis tellement naze que je n’ai pas envie de faire la causette et encore moins de me payer la cérémonie du thé que je ne peux boire même si ce joli couple est très sympathique. Ils sont partis pour nous faire un tagine d’antilope ! Ouf, j’échappe au pire. Cela n’est pas bien, je sais, mais on ne peut pas faire une grande étape de vélo et vivre à côté du peuple sahraouis, il faut faire des choix. En plus, j’ai besoin d’un temps de récupération.Nous redémarrons en pleine chaleur, je me dis que c’est dingue de rouler de cette manière. Comme souvent après manger, je mets mon turbo en marche et c’est parti, je traverse le vent ou ce qu’il en reste, dans ces instants là, rien ne peut m’arrêter. J’ai dû tenir une bonne dizaine de km à plus de 20/25 à l’heure.Dans le milieu de l’après midi, nous atteignons le golfe de Cintra. C’est encore une vue différente qui s’offre à nous. C’est beau, c’est sauvage, personne à l’horizon que ces deux cyclistes un peu fêlés ! C’est un terme qui revient souvent chez les gens que l‘on croise.Bien faire et laisser dire.Aujourd’hui, plusieurs campings cars nous ont dépassés. Mais aucun n’a manifesté de soutien. C’est-à-dire pas de coup de klaxon, aucun signe, rien. Cela contraste avec la plupart des autres véhicules qui nous dépassent ou nous croisent. Nous sommes arrêtés quand les quatre derniers nous passent dessus. C’est drôle. Un seul homme fait signe sur les huit personnes. Nous aurions pu être en difficulté, c’était pareil.L’après midi, nous avalons bien les kilomètres, mais peu ou pas d’information sur la prochaine station qui devrait nous permettre de passer la nuit. Peut être même d’y manger. Mon ravitaillement se rétrécit de jour en jour. Plus grand-chose à me mettre sous la dent. J’ai aussi envie d’un repas normal même s’il s’agit d’un poulet frite que je mangerai pour la énième fois.Si l’on ne trouve pas cette station, je me dis que l’on peut aller frapper à la porte d’un camping car et dire : « Devine qui vient manger ce soir ? » Des pâtes et un œuf au plat me suffiraient ! Avec Marie Ange et Christian, oui c’est possible. Je crois bien que c’est l’exception.A 115 km, je dis à Alain, j’en fais encore 5, et l’on arrête si on ne trouve rien mais je voudrais bien savoir à quelle distance elle se trouve la station. Je propose que l‘on arrête une voiture pour se renseigner. Je fais signe à la première qui se pointe. Ce sont des militaires, ils s’arrêtent quand même et donnent le renseignement à Alain. En plus, ils ont un GPS, ils peuvent donc donner le kilométrage exact : 12 km, cela me redonne espoir. C’est reparti, difficilement…Un coucher de soleil magnifique ponctue la journée. Le ciel est illuminé, j’aime les scènes magiques des levers et couchers de soleil. Le soleil est énorme, il descend sur la mosquée et sur la station. C’est la joie.Et cette station fait hôtel et restaurant. Repas et douche la même journée, voilà qui va nous réparer et nous permettre d’arriver demain à la frontière sans trop de souffrance.Allez j’éteins la lampe et je pars vers d’autres formes de nuages. |
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MERCREDI 22 DECEMBRE 2010 - 58 KM APRES TAN TAN (MAROC) |
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Lever relativement tôt, pour satisfaire mes besoins avant que le jour ne se lève. Dans le désert pas facile de s’abriter derrière un arbre. Riez bien les filles ! Je chaufferai mon bol de lait à l’intérieur du camping car le vent n’a pas cessé, petit déjeuner hâtif. Il faut faire vite le ciel s’assombrit. Démontage, rangements habituels contrariés par une pluie rapide qui mouille tout le matériel et départ dans ce vent aussi puissant que celui de la veille. Courage, Madame me dira t-on. Oui, j’en ai ne vous inquiétez pas. « Le courage, c’est l’art d’avoir peur sans que cela paraisse. » (Pierre Véron) J’enfourche ma gazelle sur le sol pas très roulant. C’est parti pour une nouvelle galère. La première en traversant le fossé de la route, qui est ultra mou, je ramasse des kilos de terre sur les roues, tout est bloqué, nettoyage du vélo… La deuxième, la pluie redouble, je dois mettre à nouveau pied à terre et protéger tout le système sacoches avec les housses, sans compter que je dois m’habiller en conséquence. Apparition d’un jeune belge qui sort lui aussi d’un bivouac à environ d’un km du mien. Il s’est abrité derrière un mur de pierre me dit-il. Il a bien dormi. Il fait le chemin opposé, donc, il part avec le vent favorable, quelle chance, via l’Algérie, la Tunisie, l’Egypte… Je ne vais pas me laisser abattre. Je pars plus tôt qu’hier donc je devrais parcourir une plus grande distance mais je doute de pouvoir atteindre Tarfaya à moins que cela tourne en ma faveur mais la météo parait–il ne l’envisage pas. Je traverse de nouveaux oueds, tous aussi beaux les uns que les autres. Je passe aussi près d’un espace aménagé, curieuse je m’y arrête. |
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La mer a creusé un trou immense dans la roche et vient s’étaler là, bouillonne sous mes yeux comme dans un cratère. J’arrive à Sidi Akhfennir pour le repas, je cherche la Courbine d’argent pour me restaurer, le restaurant est fermé, je retourne à celui tenu par un français qui est signalé par le guide du routard. Pas de chance, c’est une auberge, pas de repas. Un homme m’accompagne et me conseille le restaurant de Paris où parait-il, l’huile de friture est changé souvent. On peut y déguster de bons poissons frais, les meilleurs du village. Pourquoi pas. L’affaire est conclue, je passe en cuisine, on me fait choisir le poisson, ce sera une dorade frites. Dbaïa restera avec moi le temps du repas. C’est un sahraouis, il me parle des évènements du mois dernier. Il est animateur écologiste au niveau du parc Régional de Kehfennis. L’objectif étant de sauvegarder les gazelles, de gérer les richesses naturelles liées à la mer (oiseaux, lagunes…) et surtout d’éduquer les jeunes pour qu’ils transmettent à leurs parents avec espoir de limiter le braconnage, la gestion des déchets de poissons des pêcheurs… Je passe un moment agréable, c’est intéressant de recevoir son point de vue. Je vais effectivement traverser le parc qui se situe notamment en bordure de la nationale. La route aboutit d’ailleurs sur la lagune de Foum Agoutir. C’est immense et le coucher de soleil qui approche me permet encore un contact imprenable avec Mère nature. Le bonheur simple de pouvoir contempler le couchant du soleil, de se dire que je vais pouvoir profiter d’un repos bien mérité et d’une nuit réparatrice, oui c’est tout cela à la fois. Je vais poser ma tente devant la remise d’une maison, j’y serai partiellement rassurée, la gamine de la maison semble trop convoiter mon matériel. Je vais donc calfeutrer la remorque avec chaîne et cadenas. Si quelqu’un vient y toucher, cela me réveillera. Repas sandwich et je pars dans les songes d’une nuit d’été au Sahara.
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LUNDI 16 DECEMBRE 2010 - TIZNIT - SIDI IFNI 80 KM (MAROC) |
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La femme de Sarre union m’avait dit « Si tu as besoin, n’hésites pas à me demander » J’avais répondu : « Pourquoi pas me chauffer le lait, demain matin. » Elle avait ajouté que son car est au fond, avec une remorque. Quand tout est pratiquement remballé, je pars avec mes provisions pensant profiter également de sa terrasse (chaise et table) ! Je pensais trouver un car immatriculé en 57, c’est en 34, elle vient de se réveiller. L’intérieur est plutôt bordélique, à peine de quoi poser mon lait. Je ne peux plus reculer. Je vais déjeuner debout, dans de plus mauvaises conditions que celles que j’aurais eues si j’étais restée à quatre pattes devant ma tente. Du coup, j’abrège d’autant plus que le mari est revenu, c’est un parano, qui pense que personne ne lui dit bonjour. Les marocains sont des sauvages et tout et tout… Vite je me sauve. J’ingurgite moitié de ce que je prends d’habitude. Tant pis, je poursuivrai en route. Les caristes voisins affluent, et nous photographient comme si on était des martiens. Nous sommes obligés de couper court aux discussions,tous les matins, |
c’est pareil, ils sont réveillés, ont bien déjeunés, nous découvrent et ils ont le temps ! Nous traversons la ville. J’aurais aimé y flâner un peu plus. Pénétrer la muraille, rentrer dans la Médina… Une autre fois. Dés la sortie, quelques kilomètres plus loin, nous prenons tout de suite la température de ce qui nous attend. Le paysage change, c’est magnifique. C’est un paysage de garrigue qui succède à celui de la veille où la terre semblait riche, les champs étant relativement bien entretenus. Cela ressemble à la pointe Finistère de la Bretagne ou de la Galice pour ceux qui connaissent. Ou encore au sud de l’Espagne du côté de la Serra Nevada. Non seulement, nous avons la vue mais aussi les odeurs. Mélange d’herbe de Provence et d’autres choses ? En plus, peu de monde sur la route, ou tout du moins, des gens qui nous respectent. Cela change de la veille. Nous allons surplomber la mer. Pour moi, c’est une journée sublime qui commence. Petit casse croute vers 11 heures pour compléter. Mon estomac crie famine après le petit déj ultra light. Les côtes, j’oubliais d’en parler, voyez elles ne me font plus d’effet pourtant, elles sont de de l’ordre de 5 à 10 %. Je suis quand même un peu fatiguée, le contre coup des jours de jeûne sans doute. Mais, je prends tellement de plaisir dans ce paysage que cela passe. Je mettrai pourtant le pied à terre pour la première fois au Maroc. Quand je m’arrête en côte, j’ai du mal de repartir, je ne peux relancer le carrosse africain, à moins d’être un costaud comme Gérard l’Africain, mais une petite femme comme moi, cela relève de l’impossible ! J’ai donc fait 200 à 300 mètre en le tirant. Je circule dés fois volontairement un peu derrière, en descendant une bonne côte, Alain me fait signe. Il vient de rencontrer un cycliste qui arrive de Grenoble et va à Dakar. Un de plus ! Alain est fou de joie et comme toujours dans ces cas là, n’arrête pas de parler. Il débite son aventure à 500 mots minute. Tout y passe, la meute de chien qui a failli le bouffer, les camions qui le poussent au fossé, sa traversée de l’Espagne en solitaire, « et tout, et tout » Quand il s’essouffle un peu, je pourrai dire deux mots à ce gentil garçon prénommé Sylvain. Il a fait des études d’urbaniste nous dira t-il plus tard mais ne peut travailler dans le métier qui ne correspond en aucun cas à ce qu’il en imaginait. Il a donc fait plusieurs mois mécanicien vélo dans une assos à Grenoble. Mon vélo l’intrigue, il l’inspecte et me dit que plusieurs rayons sont en mauvais état. Un gars hier me disait la même chose. Je vais normalement en recevoir à Tan Tan dans quelques jours. Il se propose de me les changer. Au même moment, une femme vient vers moi intriguée par la remorque. Elle me demande une photo. Je lui réponds : « D’accord, 20 dirhams, on rit » » Elle est Belge, avec son mari, ils sont en train de s’implanter au Maroc. En fait, elle habite à 15 km de Wellin. Elle s’appelle Françoise comme toi Fanfounette. Alors Madame, puisque vous m’avez promis de me faire un coucou, dites moi en un peu plus. Peut –être connaissez-vous la famille Collet de Wellin dont le père et le grand père ont tant fait parlé d’eux d’un point de vue historique et artistique ? En tout cas, la rencontre avec vous aura été bien sympathique. Nous voilà repartis à trois. Je suis contente pour Alain qui doit s’emmerder avec une vieille chiante comme moi. Je le freine même s’il dit le contraire. Mais d’un autre côté, je pense que c’est bon pour son cœur de ne pas trop forcer ou tout du moins pas tous les jours. Ils partent allégrement rouler devant. Moi, je suis contente, un peu de solitude me fait du bien. J’aime trop rouler calmement à mon rythme. Sans parler, respirer, humer, penser, regarder, photographier, sentir les choses, imaginer les gens. Dés fois, avec tous les personnages qui se succèdent sur mon chemin, un regard, un petit signe de la main, ou encore un sourire en disent plus long qu’un échange traditionnel. Me retrouver seule sur la route une journée comme celle là ne pouvait mieux coïncider. C’est une journée céleste. Je suis dans mes songes entre mon histoire de mer sur le voilier et celle-ci où c’est le vélo qui m’entraine. Je fais le parallèle plusieurs fois dans la journée. C’est la montagne qui tombe dans la mer. La mer qui rejoint la montagne. Je suis bercée par l’air du temps au lieu du roulis du voilier. Mais, le résultat est identique. C’est la plénitude totale. C’est serein, c’est paisible, je suis dans le voyage ! C’est encore plus beau que je ne l’imaginais. Magique, cette journée, le mot n’est pas trop fort. Nous montons et descendons pendant 80 km. Des pointes à 40 à l’heure que je freine à cause de la roue qui ne doit pas me lâcher mais aussi parce que je ne veux pas prendre de risques inutiles. La circulation est d’ailleurs très agréable, rien à voir avec la journée d’hier, peu de circulation alors qu’hier, c’était un débit incessant de camions et voitures lancés à toute allure. Nous mangeons à 15 heures sur une petite plage entre les rochers. Site remarquable.
Il reste 28 km à parcourir lorsque nous repartons mais 28 km à 14 de moyenne cela fait plus de deux heures de route. Il faut se dépêcher la nuit tombe tellement vite. Après avoir vibré dans le crépuscule, je rejoins mes coéquipiers qui m’attendent à l’entrée de la ville. Nous arrivons effectivement à la nuit à Sidi Ifni, petite ville à l’architecture espagnole, du bord de l’océan. Par moment, j’avoue que je ne savais plus où j’étais, sur la mer ou sur la route. Il y a trois campings, nous choisissons le troisième qui se trouve en bord de mer. La nuit sera bercée par le bruit des vagues. En attendant, nous allons nous offrir un repas de poissons. Et je pense à Claude. Surtout qu’ici la marée monte !
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LUNDI 22 NOVEMBRE 2010 - RABAT (MAROC) |
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Nuit douce et calme dans un lit douillet. Petit déjeuner léger volontairement. Je vais essayer de profiter de ces quelques jours à Rabat pour rééquilibrer un peu la nourriture. La douleur à la cuisse s’estompe de jours en jours. Je pense que le muscle n’aura pas de séquelles, les hématomes apparaissent maintenant en soulageant la douleur, je pense. Nous partons à la recherche d’un marchand de vélo à la pointe. Cela existe ici, il faut seulement le trouver. Les Décathlon d’Espagne l’était au niveau des marques, du matériel, peut être que celui de Rabat le sera également. Mais avant, quelques écarts, nous allons manger chez la voisine qui a préparé le Tagine au mouton. Visite de la maison, cérémonial de circonstance.Ecran plat mural qu’on m’allume et feuilleton, pub de m… On ne se parle plus, scotchées devant ce mur d’images complètement surréalistes par rapport au contexte où nous nous trouvons. Alors je pose des questions : qu’est-ce que ces émissions vous apportent, je donne l’exemple du Sénégal où toute la convivialité que j’ai connue au début est disparue avec l’arrivée de la télé. Finalement, Fatima éteint le poste et nos retrouvons la discussion. Elle le rallumera plus tard pour me montrer les CD du mariage de sa sœur. Un vrai mariage de princesse et de prince. Fastueux, la cérémonie, la réception, la mise en scène et le reportage. (J’ai vu un CD environ, il y en avait 5 !) Puis, nous prenons le taxi, le chauffeur est un ami d’Amina, un vieux monsieur à la Mercedes qui a fait plus que son temps. Il me fait découvrir les quartiers en même temps qu’il conduit. Nous arrivons dans la Médina de Salé. Manifestement, ce n’est pas là que nous allons trouver une solution, les réparateurs de vélo n’ont que quelques vieilles pièces et n’ont jamais vu une roue comme celles que je leur présente. Je demande où se trouve le Décathlon de Rabat, personne ne connaît. Le chauffeur encore moins. Le problème, c’est que je ne domine pas la situation. Direction Rabat, je demande à un couple de femmes qui me paraissent évoluée en comparaison aux coutumes locales. Elles me confirment que les marques là sont bien présentes à Rabat, mais je ne pourrai y aller. Le chauffeur et Amina en décide autrement et me font rencontrer un ènième bricoleur, mais oh, surprise, c’est le bon. En fait, le pneu d’origine a dû être abimé par le mec de Ceuta qui me l’a retiré la première fois. Je ne vois que cela. Je trouve donc un nouveau pneu de route, il me retend le rayon qui bouge et m’assure que je peux repartir. Je me sens exténuée, je n’aime pas Rabat, qui a dû être superbe en son temps et qui fait aujourd’hui l’effet d’une ville à bout de souffle. A revoir demain, peut être dans un contexte différent car j’étais morte d’angoisse à cause du vélo. Nous regagnons Salé par la côte, mais je ne prends aucun plaisir à regarder les illuminations de la plage ou des avenues. Je m’endormirais dans le taxi si je me laissais aller maintenant que tout est fini. Coup de téléphone : Alain est à Salé. Ah, celui là, c’est quand on ne l’attend plus qu’il se pointe ! Je passe le téléphone à Amina qui essaie de le situer avec le gars du télé centre d’où il appelle. Nous tournons dans des quartiers malfamés pendant une heure avant de le retrouver. Heureusement, le vieux monsieur est charmant et ne perd pas patience, on ne peut plus le situer, son téléphone n’est plus activé, et le rappel du télé centre n’est pas possible. Et soudain, je le découvre sur le trottoir opposé, ouf… Tour du prochain rond point et c’est bon. Le chauffeur met vélo et bagages dans le taxi et retour à la maison. Amina prend le temps de nous préparer un excellent repas poisson légumes, toutes les deux nous nous couchons exténuées. Demain demande de visa pour la Mauritanie.
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VENDREDI 19 NOVEMBRE 2010 - PASSAGE AU MAROC - ALGESIRAS - TANGER - SEGHIR - 10 KM |
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Réveil matinal car je m’étais bien étalée dans la petite chambre de la pension Moreno, j’avais donc à recomposer tout mon attelage, ce qui d’ailleurs n’a pas été facile. Le ravitaillement en plus, la remorque et les sacoches sont pleines. A l’avenir, je vais devoir me libérer d’un maximum de produits. Ne plus faire de ravitaillement et vivre au jour le jour. Je passe saluer l’épicière qui a été très gentille avec moi. C’est un peu le rendez-vous des femmes, surtout des grands-mères qui ont leur chaise en permanence. Avant-hier, elles m’ont donné des beignets «faits maison », que c’était bon. Voyez, j’étais la « francez » et je les intriguais passablement. «Que pouvais t-elle donc faire ici ? » Le ciel est gris ce matin,dommage, je l’aurai préféré bleu |
pour cette belle traversée. A peine arrivée au port que je suis prise en charge, téléphone au bateau, una bibicleta, je suis reçue par le capitaine du catamaran de la compagnie FRS qui, sans doute affolé par ce que je traîne me demande le ticket du vélo. Comme il ne croit pas en la gratuité, il se renseigne auprès de la compagnie qui confirme. Ouf. Peut-être aussi une manière de me charrier ? Les hommes de service sont très sympas, un d’entre eux a dû repérer Dakar sur le vélo et me demande si j’y vais. Du coup, je suis respectée et tout le monde prend soin de mon matériel. Je suis installée au premier rang, il n’y a pratiquement personne dans le bateau. Seulement quelques couples. Devant moi, le rocher. Que l’on se tourne n’importe où, il est toujours présent. C’est plus fort que moi, je ne peux m’empêcher d’observer la mer. Dés le départ, des goélands nous accompagnent, ils me rappellent Jonathan, tant leur déplacement est majestueux. Puis au milieu, les dauphins sont là. Retour en pensée aux ballets qu’ils me faisaient sur l’Atlantique. J’apprendrai plus tard qu’ils sont nombreux dans le secteur, c’est le passage entre la Méditerranée et l’Océan qui les concentre là. J’apprends aussi que l’arrivée ne se fait pas à Tanger mais au nouveau port. Que Tanger est à une cinquantaine de kilomètres. Pas grave. Dés les contrôles terminés, je m’éloigne du port, me fait un petit casse croûte et me voilà partie très prudente, croyez moi. Une photo, deux photos quand même de cette route qui surplombe une mer redevenue bleue et lumineuse. J’entends l’appel de la prière, oui, je suis bien arrivée en Afrique. Je me sens libre et heureuse. Je n’irai pas plus loin, en passant devant la mosquée, un type me coupe la route trop pressé sans doute, j’ai failli le prendre en pleine face, j’ai évité le pire, en faisant l’écart, mais n’ai pu éviter l’arrière de son 4 X 4, il me faut maintenant trouver un mécanicien vélo qui possède la clef adaptée à mes rayons pour remettre la route en état car elle est voilée… Pas de chance non plus, c’est vendredi et tout est fermé. Le monsieur me met à l’hôtel et demain matin, nous retournons à Tanger pour essayer de trouver l’homme adapté à la situation. Mis à part, un petit hématome à la cuisse, je n’ai rien. Heureusement, mais je reviens de loin. Je ne roulais pas vite et venais de redémarrer, on m’a tellement parlé de la prudence que je faisais attention… Ne pas se décourager et repartir au plus vite. Voilà ma devise de la soirée. J’ai appris plein de choses avec le jeune homme qui me sert de guide. Me voilà déjà plongée dans la société marocaine, ici aussi ils vivent l’expropriation des terres pour la construction de grands standings, ceci bien sûr en rapport avec le nouveau port maritime. J’aurais pu vous cacher cet épisode, je préfère la franchise, cela me fait du bien aussi de l’exprimer. Et puis, vous savez, ce sont des choses qui arrivent à tout cycliste. Donc, le gars qui est entrepreneur de maçonnerie m’a mis 3 personnes à disposition et nous sommes partis dans son 4 X 4 à Tanger chercher quelqu’un qui me réparerait, hélas, c’est vendredi, tout est fermé, nous y retournons demain matin, en espérant plus de chance. Du coup, j’ai fait la corniche du Cap Malabata qui est superbe et j’ai traversé Tanger dans tous les sens. C’est la fête du mouton. Je ne sais pas comment je me débrouille mais que ce soit au Sénégal ou au Maroc, je tombe toujours sur cet évènement. Abdelah me dit que le mouton s’achète à 250 dirhams, un peu moins de 250 euros. Les familles s’endettent pour faire face à l’achat de la bête. Certaines revendent même du mobilier pour pouvoir se l’offrir. Sans commentaire. Ce jeune homme m’a prêté son modem, je peux donc me connecter à Internet. Les jours prochains, je risque d’être plus silencieuse à moins que je ne trouve un cyber café, donc ne soyez pas surpris. Il ne fait pas chaud dans ma chambre, je vais essayer de récupérer mon sac de couchage et m’endormir rapidement après tous ces évènements. Aucune nouvelle d’Alain, ni SMS, et rien sur son site. J’espère qu’il n’a pas problème. Bonne nuit à vous aussi. |
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SAMEDI 23 OCTOBRE 2010 - FIGUERRAS - MALGRAT DEL MARE (ESPAGNE) - 93 KM |
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Réveil avec le jour : 8 heures, Claude est déjà debout.
Bonne nuit réparatrice de 10 heures. Je me sens mieux mais je pense sincèrement que j’aurais besoin d’une journée de repos, on se la garde pour aller visiter un peu la ville de Barcelone. Départ tranquille mais dés la première côte, j’ai les jambes qui ne répondent pas. Claude est déjà loin devant moi. Elle ne peut pas m’attendre sans arrêt, je lui casse son rythme et cela me contrarie. Je lui propose de filer seule jusque Gérone afin qu’elle profite de la ville en m’attendant. Ce qu’elle fait. J’ai dû faire un genre d’hypoglycémie comme cela m’arrive de temps en temps. Pose barre, boissons et c’est reparti. Mais je n’y comprenais rien, je n’arrivais même plus à reprendre de la vitesse dans les descentes et pour cause, je m’aperçois en arrivant à Gérone que la roue de la remorque est crevée.
Je me fais un repas « Amanida de pasta » arrosé d’un coca et compote en dessert. Puis je cherche quelqu’un pour me réparer cette roue. Gérard, excuse – moi, mais je ne sais plus comment on la démonte. Seulement les magasins de vélo sont fermés jusque 17 heures, quelqu’un m’envoie à Décathlon. Je trouve une jeune fille qui parle couramment le français, elle demande au mécano vélo de faire le travail. Du coup, j’ai remis le pneu ainsi qu’une une chambre à aire neuve, ce que j’aurais peut être dû faire avant le départ.
Entre temps, Claude me rejoint, elle a sillonné la vieille ville. C’est bien.
Puis nous reprenons la nationale 11. Pour vous donner une idée, c’est comme si on circulait sur la RN 4 à 4 voies. Je ne m’imaginais pas capable de cela. Et quand on est dessus, on n’a plus le choix. Heureusement, il y a une bande de un à deux mètres qui nous permet d’être relativement sécurisées. Nous roulons, roulons, on retrouve les filles. Celles du jour possèdent une chaise plastique blanche. On s’y habitue. J’ai vu une superbe fille style suédois, sortir d’un chemin, une vraie beauté. D’autres en habit de cuir noir, dignes des films d’animation. En approchant de la mer, elles sont de plus en plus rapprochées. A leur grande surprise, je leur dit bonjour !
La route est peu intéressante mis à part en arrivant sur Gérone où en sortant d’un troisième tunnel, nous dominons la ville. Les pins parasols à cet endroit y sont denses et bien vigoureux. Nous découvrons un pays assez pauvre avec des fermes vétustes, les champs peu entretenus, même les plantations de peupliers sont désordonnées. Quel contraste avec les alignements de l’Est de la France. On ne perçoit les fermes qu’à travers les odeurs de fumiers.
Il faut que je vous parle des côtes, nous n’avons pas arrêtés d’en monter. Quelle journée, elle devait être insignifiante, en fait on se tape un dénivelé de 742 m et une étape de 93 km, ce n’est pas énorme me dit Claude. Nous ne voyons pas les choses de la même manière !!!
Un coup de fil de Claude de St Dié vient égayer cette fin d’étape difficile.
Puis, nous plongeons enfin sur la mer que je découvre à l’horizon à 18 h 40. Ce que l’on ne sait pas encore, c’est que l’on devra se taper encore au moins 3 km pour trouver le camping à travers de vraies cultures maraichères. Le camping del mar, un vrai village de caravanes et bungalows avec des jeunes qui grouillent partout dans le noir, à 22 h50, ils crient comme dans une cour de récréation. Il doit y avoir aussi un karaoké. Mais j’ai Internet, si j’arrive à compléter le site ce sera super.
Il faudrait aussi que je vous parle de mon état d’âme mais il est trop tard pour le faire, peut être demain ?
Allez bye-bye. |
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LUNDI 19 OCTOBRE 2010 - VALLERGUES - SETE - (FRANCE) 67 KM - CUMUL 1000 KM |
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Réveil matinal car les amis des amis doivent partir travailler. Laurence, également mais à Gréoux les Bains, il y a deux heures de route. Autour d ‘un déjeuner très convivial, les dernières discussions s’enchaînent rapidement. Puis Gérard fait l’inspection de mes bagages. Il m’en soutire avec ma complicité 2 à 3 Kg. Toujours cela que j’aurai de moins à traîner.
Dernière photo et départ sous le soleil, sans vent. Le bonheur quoi ! Mais cela ne va pas durer, 10 km plus loin il fait son apparition.
L’itinéraire n’est pas facile, il faut souvent demander sa route lorsque l’on veut prendre les plus petites. Les derniers paysages de Camargue défilent. Encore quelques chevaux ici ou là. Plus loin une manade. Puis de l’eau, dans les fossés, ici et là. Une aigrette apparaît, on sent qu’on se prépare à un nouveau paysage.
On passe sur des voies réservées aux cyclistes, quelques fois, on découvre aussi l’envers du décor. Le changement a lieu à Villeneuve les Maguelone, on longe les étangs et canaux. Les oiseaux de mer se font nombreux.
Repas à Vic la Gardiole sur un banc public, comme souvent cela nous arrive. On s’offre une tielle, sorte de tourte à base de poulpe, tomate et d’épices. Pas mauvais.
Les saucissons lyonnais, ne sont pas encore terminés et font toujours le régal de nos papilles.
On repart par le chemin des étangs et d’un seul coup, en passant sur un pont, on distingue la mer. Elle tire sur le vert alors que l’eau des étangs est d’un bleu franc. On prend un maximum de voies sur les bords de mer, nous ne sommes pas déçues, le paysage est grandiose et aucun touriste, nous sommes seules au monde devant la grande bleue à la plage des Aresquiers. On se photographie avec nos vélos quand un type nous appelle au secours, il a enlisé sa Renault dans les galets, il semble désespéré et nous demande de l’aide. Il me met au volant, il bricole et Claude commence par lui expliquer qu’il faut retirer les pierres. Une passante va chercher de l’aide, à 4 ou 5 personnes, nous réussirons à l’en sortir. Le pauvre, la peur de sa vie, Claude pense que c’était la voiture de l’entreprise, le chien à l’intérieur était aussi mort de trouille que le maître et tremblait comme les feuilles sous le vent.
On poursuit la route par le bord de mer mais on n’avance plus, le vent est d’une force incroyable et nous projetterait à l’eau si nous n’y prenions garde. On découvre à l’horizon des flamands roses, puis une vraie colonie qui prenait leur repas à une distance relativement proche de nous, c’était beau. Une deuxième un peu plus loin.
Sur ce même étang, un spectacle d’hommes surfant, volants. Incroyable. On ne comprend pas qu’ils n’emmêlent pas leur voile.
On laisse Frontignan sur la droite puis on doit prendre la route à 2 voies où circulent plein de voitures, heureusement que les bandes sur le côté sont larges. Et l’on arrive à Sète, les canaux nous émerveillent, le blanc des bateaux contraste avec le bleu de l’eau et du ciel.
Détour par le syndicat d’initiative pour trouver un hébergement. On grimpe vers l’Auberge de Jeunesse des côtes à plus de 10 %, sur le Mont st Clair.
En montant, un couple de personnes nous accoste, ce sont encore des lorrains. C’est drôle chaque fois que l’on a des contacts avec des passants, neuf fois sur dix ce sont des lorrains, un gars d’Epinal ce matin, une jeune fille qui attendait sa mère de St Mihiel et ces derniers de Thionville. On attend l’ouverture à 18 heures, et nous sommes reçues comme des chiens dans un jeu de quille. Claude dira que la responsable était aussi aimable qu’une matonne. Inadmissible. On repart. Du coup, on a grimpé pour rien car pour pratiquement le même prix on trouve une étape hôtel. Dorade, frite, salade devant le match Moscou/Chelsea |
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MARDI 05 OCTOBRE 2010 - LE DEPART DE NANCY |
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LE PROJET:
Rallier Nancy à Dakar pendant 6 mois environ, en vélo via l'Espagne, le Maroc, le Sahara Occidental, la Mauritanie, soit 6500 km
Objectifs
- Montrer aux citoyens tout au long du parcours qu'un " autre monde est possible ".
- Organiser une rencontre citoyenne à l’étape du soir pour sensibiliser la population à la défense des droits économiques, sociaux et culturels des pays du Sud.
- Montrer que chacun à son niveau peut changer le monde.
- Proposer des actions pour faire pression sur les décideurs par le biais des appels urgents et les campagnes de lettre de Peuples Solidaires.
Quand ?
Départ prévu vers le 1er octobre 2010 pour arriver le 6 février 2011 à Dakar pour le début du Forum Social Mondial. (FSM)
Comment ?
En France, les globe trotteurs vont sillonner la France et organiser des mini conférences à l’étape en partenariat avec les groupes locaux de Peuples Solidaires ou avec des groupes cyclistes volontaires.
ls feront signer des engagements à un maximum de personnes rencontrées sur leur passage pour qu'elles se mobilisent pour faire respecter les droits des hommes et des femmes des pays du Sud et qu'elles fassent pression sur les décideurs par le biais de campagne de lettre. (Appels urgents)
Au Sénégal, ils sensibiliseront la population contre l’accaparement des terres...
A l'arrivée à Rosso
- Mise en place d’une caravane franco sénégalaise avec les cyclistes et les militants lorrains ou de Peuples Solidaires.
- Organisation de rencontres dans les villages et villes traversés en collaboration avec des organisations sénégalaises.
Participation au Forum Social Mondial de Dakar
- Arrivée à Dakar et participation à la grande marche le 6 février avec la délégation Peuples Solidaires au Forum Social Mondial à Dakar
- Participation au séminaire sur l’accaparement des terres du FSM
- Faire en sorte que de nombreux groupes participent au FSM et fassent entendre leurs protestations contre l’accaparement des terres.
- Faire prendre conscience que les problèmes de faim dans le monde peuvent être réduits par l'accés à la terre des hommes et des femmes des pays du Sud :
Il est indispensable de soutenir l’agriculture familiale qui est fondée sur la communauté et produit pour les marchés locaux et régionaux, et non l’agriculture industrielle qui ne profite qu’à l’agrobusiness.
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